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Portrait d’un parrain du chaos

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Le parcours sombre d’un sénateur. Voici trois mots pour esquisser un membre des Républicains américains qui a siégé au Capitole depuis 1995 jusqu’à sa mort ce 11 juillet après une maladie qu’on disait soudaine et méchante. Il s’agit du sénateur de Caroline du Sud, Lindsey Graham. Le personnage n’est pas n’importe qui. Nous évoquons un poids lourd qui pèse dans la politique étrangère américaine. C’est une figure influente de son parti, un allié – de premier plan – de Donald Trump et un fervent défenseur de la politique interventionniste américaine. D’ailleurs, ses positions extrêmement belliqueuses en matière de politique étrangère et de sécurité nationale lui ont valu le surnom de « faucon » pour faire partie du cercle très fermé des décideurs qui font et défont les présidents et dictent la politique extérieure américaine. Au cours de sa longue carrière de membre à la Chambre des représentants puis au Sénat, ce partisan de la ligne dure, prompt à l’usage de la force contre des pays souverains insoumis, a fait 5 dirigeants américains. Bill Clinton, George Bush fils, Barack Obama, Donald Trump (deux mandats) et Joe Biden. D’ailleurs, le sénateur, qui traîne un passé sombre et peu glorieux, a été de toutes, ou presque, les guerres menées par Washington depuis la fin de la Guerre froide. Il est mort comme sont morts d’autres avant lui et après lui dans le Capitole où siègent ses compères et ses… comparses. Il va rejoindre, par exemple, John McCain, vétéran de la guerre du Vietnam décédé en 2018 et soutien inconditionnel de l’invasion de l’Irak et admirateur des politiques agressives de Washington. Ou encore John Warner (décédé en 2021), le sénateur de Virginie qui a présidé aux destinées de la sinistre commission des forces armées du Sénat. On tient un autre soutien de poids de la guerre en Irak en 2003. Mais, nous sommes, aujourd’hui, et de loin, face à un personnage bien plus royaliste que le roi. Lindsey Graham est un fervent défenseur d’une ligne agressive américaine, notamment contre l’Iran récemment, ou encore un fervent soutien des alliés ukrainiens contre les Russes et israéliens contre les Palestiniens. Les partisans du sénateur « trumpiste » peuvent faire de lui un héros qui a « protégé les États-Unis » en imposant la démocratie sur les chars américains un peu partout en Syrie, en Iran, en Libye et tout récemment en Iran. Mais, le monde libre gardera en mémoire un va-t-en-guerre qui a les mains entachées du sang des peuples opprimés. La mémoire collective internationale se souviendra d’un parrain qui a détruit des États irakien, syrien, libyen…

Farid Guellil

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