Les données d’Enagás, le gestionnaire du réseau gazier espagnol, indiquent que l’Algérie a conservé sa position de premier fournisseur de gaz à l’Espagne au cours du premier semestre 2026, en captant 33,9 % des importations totales du marché espagnol.
Plus précisément, selon les mêmes données, les exportations algériennes vers l’Espagne, de janvier à juin 2026, ont atteint environ 64,23 térawattheures (TWh), en hausse par rapport à la même période en 2025 (61,57 TWh). Dans le détail : ces livraisons se composaient de 59,63 TWh de gaz naturel et de 4,59 TWh de gaz naturel liquéfié (GNL), devançant ainsi les États-Unis (29,4 %) et la Russie (19,7 %). En juin, l’Algérie a été le premier fournisseur de gaz de l’Espagne, avec 10 460 gigawattheures (GWh) fournis (40,3 %) ; la Russie a dépassé les États-Unis en termes d’exportations de gaz vers l’Espagne et devient le deuxième fournisseur. Les États-Unis ont glissé à la troisième place avec une part de marché de 12 % ; le Nigéria arrivait en quatrième position, fournissant 11,7 % du total. En mai dernier, l’Algérie s’est repositionnée à la première place parmi les exportateurs de gaz vers l’Espagne, avec une part de 42,6 %, totalisant 13,37 térawattheures, contre 8,14 térawattheures au cours du même mois de 2025. Les spécialistes ont fait constater que cette performance confirme la fiabilité et la compétitivité du gaz algérien sur le long terme, acheminé principalement via le gazoduc Medgaz qui relie directement Beni Saf à Almería. La position de leader occupée par l’Algérie sur le marché gazier espagnol est confortée par le réchauffement des relations entre les deux pays entamé depuis quelques mois après une période de tension aujourd’hui dépassée. Pour rappel, en mars dernier, le ministre des Affaires étrangères, de l’Union européenne et de la Coopération du Royaume d’Espagne, José Manuel Albares Bueno, en visite à Alger, avait souligné, dans une déclaration à l’issue de l’audience que lui avait accordée le président Abdelmadjid Tebboune, que l’Algérie est un « partenaire stratégique » et un « ami » avec lequel l’Espagne entretient des relations humaines et des intérêts communs, notamment en matière de stabilité en Méditerranée et en Afrique. Le ministre espagnol avait évoqué le caractère privilégié des relations avec l’Algérie, « un pays voisin avec lequel nous partageons des liens étroits ». Au plan économique, « en 2025, le volume des échanges a atteint 8,5 milliards d’euros », avait-il rappelé, ajoutant que les exportations de l’Espagne vers l’Algérie ont « triplé l’année dernière par rapport à l’année précédente ».
Le gaz algérien sur le marché européen
Les données publiées début juillet par l’Autorité italienne de régulation de l’énergie, des réseaux et de l’environnement (ARERA) dans son rapport annuel 2025 ont fait ressortir la première place occupée par l’Algérie parmi les fournisseurs de gaz naturel de l’Italie. En effet, la part de l’Algérie dans les importations italiennes est de 36,1 % avec un volume d’environ 22,2 milliards de mètres cubes de gaz algérien durant l’année 2025. Dernièrement, la livraison de la première cargaison de GNL à destination de l’Allemagne, a confirmé que le Groupe Sonatrach est engagé dans une stratégie de diversification de ses exportations gazières. Des informations récentes sur le marché européen du gaz publiées par l’Energy Research Unit basée à Washington et par le Forum des pays exportateurs de gaz ont indiqué que l’Algérie est un acteur majeur dans ce marché. Un rapport examiné par l’Energy Research Unit avait montré que l’Algérie a été le principal moteur de l’augmentation des importations européennes de gaz par gazoduc qui ont continué d’enregistrer une croissance annuelle depuis début 2026. Un autre rapport publié par le Forum des pays exportateurs de gaz a noté que l’Algérie a été le principal fournisseur africain de gaz à l’Europe, assurant environ 17,4 % des importations de gaz de l’Union Européenne transportées par gazoduc, via le gazoduc Medgaz vers l’Espagne et le gazoduc Transmed à travers l’Italie, en plus de sa contribution à l’augmentation des importations européennes de GNL.
M’hamed Rebah












































