Le dispositif qui a prouvé son efficacité en empêchant le « pouvoir de l’argent » de salir les élections législatives de juillet dernier, est mis en application pour protéger contre le même risque les élections locales prévues le 28 novembre prochain. On sait que plus de 3 000 candidats avaient été écartés de la course à l’Assemblée populaire nationale (APN) sur la base de dispositions de la loi électorale qui a fixé de nouvelles conditions pour valider des dossiers de candidature. Le même « couperet » a été mis en action pour le renouvellement des Assemblées populaires communales et les Assemblées populaires de wilayas (APC et APW). Selon des informations données par les médias, des listes de candidats ont été invalidées en application de l’article 184 de la loi électorale. Pour rappel, l’article 184 de cette loi impose aux candidats aux élections locales de « ne pas avoir fait l’objet de condamnation définitive à une peine privative de liberté pour crime ou délit non réhabilité, à l’exception des délits involontaires », il impose également de « justifier de la situation vis-à-vis de l’administration fiscale » et stipule aussi que le candidat ne doit pas être « connu de manière notoire pour avoir eu des liens avec l’argent douteux et les milieux de l’affairisme et pour son influence directe ou indirecte sur le libre choix des électeurs ainsi que sur le bon déroulement des opérations électorales ». Les fraudeurs sont avertis par l’article 300 de la loi électorale: « Quiconque, par dons ou promesses de dons en argent ou en nature, par des promesses de faveur d’emplois publics ou privés ou d’autres avantages particuliers faits en vue d’influencer le vote d’un ou de plusieurs électeurs, aura obtenu ou tenté d’obtenir leur suffrage, soit directement, soit par l’entreprise d’un tiers ou aura par les mêmes moyens, déterminé ou tenté de déterminer un ou plusieurs d’entre eux à s’abstenir, est passible d’une peine d’emprisonnement de deux (2) à dix (10) ans et d’une amende de 200.000 DA à 1.000.000 DA ». Sur cette base, l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) a annoncé le bilan définitif du nombre de listes de candidats déposées à l’expiration du délai légal de dépôt dans le cadre de l’élection des membres des Assemblées populaires communales (APC) et de wilayas (APW). S’agissant des APC, le nombre de listes déposées à travers l’ensemble des communes du pays s’élève à 5.631 listes, dont 5.371 présentées sous l’égide d’un parti politique, 239 listes indépendantes et 21 listes présentées au titre d’une alliance de partis politiques, tandis que le nombre total de candidats est de 141.388. Concernant les APW, 434 listes ont été déposées à travers l’ensemble des wilayas du pays, dont 405 listes présentées sous l’égide d’un parti politique, 24 listes indépendantes et 5 listes présentées au titre d’une alliance de partis politiques, tandis que nombre total de candidats est de 21.476, précise la même source. ». On sait que la révision de la loi organique relative au régime électoral qui a abouti à la loi actuelle a visé à renforcer les mécanismes d’intégrité et de démocratie. Il s’agit de consacrer l’État de droit.
La nouvelle loi vise également à développer des mécanismes de contrôle du financement électoral. Le président Abdelmadjid Tebboune a, à maintes fois, insisté sur l’importance des Assemblées populaires élues en tant que « première pierre de l’édifice institutionnel de l’Algérie nouvelle » et sur « la nécessité de prémunir ces assemblées contre l’argent sale afin de garantir une représentation populaire réelle et intègre, au service des citoyens et en réponse à leurs préoccupations ».
Le président Tebboune a eu, également, à rappeler que «l’État a contribué à ce que le peuple se présente aux urnes sans avoir besoin d’argent, encore moins d’argent sale». Et d’appuyer : «L’État assiste les jeunes candidats dans le financement de leur campagne électorale», ajoutant qu’«on ne peut pas aller plus loin que cette logique de moralisation de la vie politique».
M’hamed Rebah

