Dans le cadre d’une opération de sensibilisation et de formation visant à présenter le portail national des services numériques gouvernementaux « Dzair Digital Services », une campagne se poursuit actuellement à Alger, sous l’organisation du Haut-Commissariat à la numérisation, a indiqué un communiqué de cette institution.
Organisée en coordination avec les services de la wilaya d’Alger, cette campagne se déroule au niveau de la Grande Poste depuis samedi dernier et se poursuivra jusqu’à jeudi. Elle a vocation à être progressivement généralisée à l’ensemble des wilayas du pays. Elle permettra aux citoyens de découvrir le portail Dzair Digital Services, d’apprendre à créer un compte et de bénéficier des différents services numériques gouvernementaux, a précisé la même source. Selon le communiqué, des ingénieurs et cadres spécialisés sont mobilisés tout au long de cette campagne, de 17h00 à minuit, afin d’accompagner les citoyens, de répondre à toutes leurs questions et de leur faire découvrir comment accéder facilement et en toute sécurité aux services numériques, où qu’ils soient et à tout moment.
Les détails de la HCN
Par ailleurs, le directeur central à la Haute Commission à la numérisation (HCN), Mohamed Laïl, est revenu sur cette campagne en rappelant la mise en place d’un numéro vert (30-17), doté d’un centre d’appels dédié pour répondre aux questions des citoyens sur l’inscription et l’usage des différents services. Intervenant, hier, dans l’émission « L’invité du matin » de la Chaîne 1, le responsable a détaillé le fonctionnement du Portail national des services numériques, ses 21 services actuellement disponibles, ainsi que les grands chantiers qui l’accompagnent.
Des services pour tous les citoyens et pour les entreprises
Interrogé sur les publics ciblés, Laïl a précisé que « le portail s’adresse à l’ensemble de la société, qu’il s’agisse de personnes physiques (les particuliers) ou de personnes morales (les entreprises et institutions) ». Concernant l’offre actuelle, il a indiqué que « la première phase du déploiement compte 21 services numériques, répartis entre plusieurs départements ministériels : Intérieur, Collectivités locales et Transport ; Travail, Emploi et Sécurité sociale, ainsi que les services liés à l’allocation chômage ». Le responsable a précisé que « cette liste sera progressivement élargie au fil des prochaines phases, et que ces services sont accessibles de manière uniforme sur l’ensemble du territoire national, sans disparité entre les wilayas ». Pour bénéficier des services du portail, le citoyen doit d’abord s’inscrire en renseignant ses données de base ainsi que ses coordonnées. Cette étape génère une identité numérique provisoire, confirmée par un code temporaire envoyé par SMS ou par courriel. Le citoyen doit ensuite prendre rendez-vous, via le portail ou l’application mobile, auprès de la commune de son choix, a-t-il fait savoir.
Le Data center national, une infrastructure certifiée
Évoquant le Centre national des services numériques, inauguré par le président de la République, M. Laïl a précisé qu’il dispose d’une certification internationale de niveau Tier 3, garantissant un taux de disponibilité de service de 99,982 %, 24 h/24 et 7 j/7. Le centre, composé de deux sites l’un à Alger et Blida, propose principalement des services de cloud computing, avec une séparation stricte entre un cloud gouvernemental, réservé aux départements ministériels, et un cloud public, destiné aux entreprises, aux particuliers et aux start-up. Grâce à ce dispositif, les administrations ne sont plus tenues de créer leurs propres data centers ni de mobiliser des ressources humaines spécialisées en cybersécurité : elles peuvent héberger leurs données et déployer leurs services via des « centres de données virtuels », le centre national assurant la veille technologique, la sécurité et la maintenance.
Protection des données personnelles
Interrogé sur la sécurité des données, le responsable a rappelé que celles-ci sont « protégées par la loi n° 25-11 relative à la protection des données à caractère personnel, ainsi que par le décret présidentiel n° 25-320 encadrant la gouvernance nationale des données ». Plusieurs organismes interviennent dans le contrôle des échanges de données : la Haute Commission à la numérisation, l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information, et l’Autorité nationale de protection des données personnelles, a-t-il précisé.
Formation des compétences et perspectives : Sur la question des ressources humaines qualifiées face aux cybermenaces, M. Laïl a évoqué la création de trois écoles supérieures dédiées : l’École supérieure de mathématiques, l’École supérieure de cybersécurité et l’École supérieure d’intelligence artificielle, dans le cadre du volet « formation et capital humain » de la Stratégie nationale de transformation numérique 2025-2030.
Objectif : 650 services numériques
Il a également indiqué que « l’objectif est de porter le nombre de services numériques à 650, en donnant la priorité à ceux ayant un impact direct sur le quotidien des citoyens et sur l’économie nationale ». Un premier palier de 53 services est visé pour permettre à l’Algérie de franchir une étape supplémentaire vers l’e-gouvernement, un critère pris en compte dans les classements internationaux.
Le prochain classement doit être publié en septembre 2026, avec l’espoir, selon M. Laïl, « d’y figurer en bonne position ». L’invité de la chaîne 1 a conclu en rappelant que, « les objectifs fixés par la stratégie nationale doivent se concrétiser d’ici 2030, horizon également retenu pour la vision de l’«Algérie numérique 2030 ».
L. Zeggane














































