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ALLÈGEMENT DES MESURES DE CONFINEMENT : L’inquiétude des spécialistes

Les mesures d’allègement du confinement pour les citoyens, prises par la gouvernement à l’occasion de ce mois sacré de Ramadhan, ont tendance à provoquer une légère baisse de garde de certains citoyens face au danger de la propagation du Covid-19.
La décision de réaménagement des horaires du confinement dans les wilayas les plus touchées par ce virus, ainsi que l’autorisation de réouverture de certains commerces dans le but d’alléger l’énorme poids de la crise économique sur un grand nombre de citoyens a été accueillie favorablement par une grande partie de la population. Cela d’autant plus que cela coïncide avec le mois sacré de Ramadhan. Etranglés financièrement par plusieurs semaines passées sans travail, et subissant les affres du confinement à domicile, les employés et travailleurs touchés par cet allègement décidé par le gouvernement ont favorablement accueilli ces décisions. « On pourra enfin respirer un peu après plusieurs semaines de confinement. Cela nous a coûté toutes nos petites économies. Ainsi, on va au moins reprendre le travail pour subvenir aux besoins de nos famille », déclare Youssef, un jeune père de famille habitant la ville de Tizi-Ouzou, tout content de reprendre ses ciseaux de coiffeur dans la ville des genêts.
Si ces décisions de déconfinement partiel, décidées par le gouvernement sont accueillies favorablement par la population, les spécialistes de la santé et des observateurs avertis de la scène nationale appellent à maintenir un même niveau de vigilance, et suivre rigoureusement les consignes de santé. Car au deuxième jour de la mise en pratiques de ces mesures, des photos et vidéos montrant des queues énormes, ou encore de grands rassemblement anarchiques devant des magasins de vente de sucreries et autres friandises ont provoqué une onde de choc sur la toile. « Comment peut-on prendre le risque de choper le virus à cause d’un kilo de Zlabia, ou encore une tranche de Kalbelouz ? Comment avoir sur sa conscience le fait de contaminer des personnes, et être la cause de leurs décès en plein mois de Ramadhan, à cause de quelques friandises ? C’est complètement de l’irresponsabilité et de l’inconscience ! Si les gens ne peuvent pas se priver de ça, qu’ils s’organisent au moins et gardent la distance entre eux », s’indique un internaute.
À ce propos justement, l’enseignant en sociologie politique, Noureddine Bekkis, interrogé par l’APS, suggère que le « citoyen algérien doit changer ses habitudes par mesure conservatoire et réguler ses rapports sociaux pour s’adapter aux contraintes du Covid-19, ce qui est appelé immunité collective », mettant en avant l’importance de « la discipline des citoyens et de leur respect des mesures préventives, étant une étape décisive pour endiguer la propagation du virus, avec nécessité de prendre des mesures organisationnelles au niveau des établissements traitant avec les citoyens ». Le même enseignant explique que « l’attitude des citoyens envers le confinement se décline en deux catégories. La première s’y est sérieusement conformée, consciente de la nature même des risques, tout en étant confortée de ses moyens suffisants, tandis que la deuxième catégorie, non pas forcément insouciante, mais ne disposant pas de la capacité à observer le confinement, pour des raisons matérielles ou sociales ».
Pour sa part, la professeure de psychologie sociale Farida Guemaz, explique que « le citoyen est le seul à même d’enrayer la progression du virus en respectant les consignes de prévention ». Elle appuie ses dires par le fait que c’est «grâce à la discipline du peuple chinois qui a respecté les instructions de son gouvernement, que l’épidémie a été largement endiguée en Chine». Selon la même spécialiste, « les cas de contamination et de décès qui seront enregistrés les prochains jours renseigneront sur le niveau de suivi par les citoyens des consignes préconisées par le gouvernement lors de l’assouplissement des horaires de confinement sur le territoire national », appelant tout un chacun à « la discipline pour éviter une nouvelle vague de l’épidémie aux conséquences désastreuses ».
Arezki Ibersiene