MSP : rejet du projet de la Constitution

Adoption du bilan financier et moral de 2015 et du programme 2016, révision de l’avant-projet de la Constitution et démission d’El Hachemi Djaaboub, vice-président du Conseil national consultatif chargé des Droits de l’Homme et des relations avec la société civile. Tels sont les 4 dossiers ayant été débattus lors de la 6ème session ordinaire du Conseil consultatif (Madjliss Echoura) du Mouvement de la société pour la paix (MSP), qui se tient, samedi et dimanche, au siège du parti, à Mouradia, en hommage à feu Sabah Ghazizi, une cadre militante du parti. Tant attendue, la conférence de presse, programmée à 11 heures et reportée pour des raisons de non-achèvement des travaux du Conseil consultatif, devant clarifier davantage les raisons qui ont poussé ce dernier, fort de ses 200 membres, à rejeter en bloc l’avant-projet de la révision de la Constitution, n’a pas eu lieu. Après l’hommage rendu au défunt Ait-Ahmed, dont les funérailles, selon les dires du président du parti, Abderezak Mokri, attestent de l’attachement de larges pans du peuple aux symboles de la Révolution en dépit de leurs divergences idéologiques, et la reconnaissance des efforts consentis par Aboubakr Gueddouda, président du Conseil consultatif, que traduit entre autres la démission de l’APN pour des indispositions diverses (position qualifiée d’historique), Mokri affiche officiellement la position de son parti par rapport à l’avant-projet de révision de la Constitution. Avare en déclarations et en clarifications de nature à mieux cerner l’attitude du parti islamiste, le successeur d’Abou Djerra Soltani se limitera à justifier le refus de l’amender par l’objectif de sauvegarder les intérêts de la Nation. Toute latitude est au bureau national du parti et à la représentation parlementaire de l’exprimer officiellement et opportunément. Envisageant le pire à venir pour le peuple, à qui il attribue une relative incompréhension des statistiques économiques et des prédictions en tous genres que le pouvoir et l’opposition ne cessent de lui communiquer, le chef du MSP l’assure, en dépit de cela, de son total soutien et d’une parfaite assistance pour y faire face. Sans dire comment !
Au sujet de l’officialisation de Tamazight, il affirme que son parti l’approuve, précisant que ce dernier le fait loin de toutes considérations politiques et tentatives de récupération. « Tamazight et l’arabe sont deux langues sœurs, celle-ci n’a jamais tenté de nuire à celle-là. En revanche, c’est la langue française qui en est l’ennemie », dira-t-il en substance. Comme de coutume, en parler des dissidences qui ont émaillé le parti à la mort de Mahfoud Nahnah, revient couramment dans les discours du parti. Celles-ci (les dissidences, ndlr) sont, au demeurant, chose toute à fait normale dans la vie des partis et même des nations en général. Concernant le MSP, son président dira de lui qu’il n’est pas une caserne, mais reste, tout de même, ouvert à toutes les compétences et reste à l’écoute à toutes propositions susceptibles de le rehausser sur l’échiquier politique national. Le deuxième plus important point à l’ordre du jour est sans conteste la démission de Hachemi Djaaboub, vice-président chargé des Droits de l’Homme et des relations avec la société civile, et ex-ministre du Commerce dans le gouvernement Belkhadem II. Annoncée en grande pompe, la démission s’est finalement avérée comme un non-événement pour, au moins, deux faits. Le premier est qu’elle a été rejetée par le CC, lequel a promis de l’examiner profondément et d’en dévoiler les raisons ultérieurement. Deuxièmement, le concerné, lui-même, lors d’une déclaration en marge de la 6ème session ordinaire, a évité d’en parler, justifiant sa rétention à l’information par le souci de discipline partisane et qu’elle s’inscrive dans les discussions internes et organiques du MSP. Les tentatives de la presse d’avoir de plus amples détails sur le rejet du Texte fondamental et de la démission de Djaaboub se sont avérées vaines.
Zaid Zoheir