Le Pen - Macron

MACRON OU LE PEN ? Des lendemains difficiles attendent le futur président français

Les bureaux de vote en France ont ouvert hier pour le premier tour de la présidentielle, dans un contexte européen particulier, marqué par les tensions militaires et politiques provoquées par la crise ukrainienne et l’opération militaire russe dans ce pays, sur fond d’inquiétude des citoyens français face à la hausse des prix et du taux d’inflation.

Selon les sondages réalisés vendredi, dernier jour de la campagne électorale, relayés par les médias, sur les douze candidats en lice, seuls trois ont franchi la barre symbolique des 10% des intentions de vote au premier tour. En tête des sondages, le président sortant Emmanuel Macron et la candidate d’extrême droite Marine Le Pen, à un point seulement l’un de l’autre, (25% contre 26%). Le leader de « la France insoumise », Jean-Luc Mélenchon, qui est en troisième position dans les sondages, ne perd pas l’espoir de se qualifier pour le second tour. Les observateurs rappellent qu’en 2017, le duel du 2ème tour a opposé Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Il s’est terminé par la victoire de Macron, mais les analystes notent que la situation n’est plus du tout la même avec, cette année, les tensions en France et en Europe, et les perspectives de chamboulement sans précédent entraîné par le conflit en Ukraine. Ils estiment qu’il y a des incertitudes sur l’issue du 2ème tour si le scénario mettant aux prises Macron et Le Pen se répète.  Un sondage a montré que 48,5% des Français sont prêts à voter pour Le Pen lors d’un éventuel second tour où elle affrontera Macron. Les observateurs font remarquer que, quoiqu’il en soit, le président élu, à l’issue du deuxième tour, devra faire face à «une situation qui se dégrade de plus en plus dans tous les domaines, avec la flambée des prix de l’électricité, du gaz, de l’essence et d’autres biens de première nécessité qui frappe la masse des salariés, alors qu’il y a en France les moyens financiers et économiques qui permettent de créer des centaines de milliers d’emplois, d’augmenter le SMIC et tous les salaires, les retraites… développer une grande politique économique et sociale au service du peuple». Selon ces mêmes observateurs, le président qui sera élu le 24 avril, devra faire face aux «luttes sociales qui se développent déjà sur les salaires, l’emploi, les conditions de travail, les pensions et à des grèves longues et dures pour des augmentations de salaire, qui vont s’amplifier ». Par ailleurs, la grande hantise du scrutin a été la participation. À 12h, le taux de participation s’élevait à 25,48%, soit trois points de moins qu’en 2017 (22,2%). Les analystes craignaient que ces élections ne battent le record négatif qui avait été enregistré en 2002 dans le pourcentage de citoyens ayant décidé de boycotter les élections (il était alors au niveau de 28,4%). La proportion  du corps électoral qui s’abstiendra ou votera nul, devrait atteindre le tiers selon les sondages, c’est-à-dire quelque 33%. La campagne électorale a déçu les Français parce qu’elle n’a pas abordé les problèmes intérieurs à la France et qui concernent pour l’essentiel la vie quotidienne en rapport avec l’érosion du pouvoir d’achat exprimée par les gilets jaunes, mais aussi l’impact de la pandémie, la crise énergétique, la hausse des factures, la montée de la pauvreté, les problèmes posés au secteur public dans les secteurs de la santé, de l’éducation, la question des  retraites.  Selon les analystes, l’abstention toucherait surtout la jeunesse et les familles aux revenus moyens. Environ 48,7 millions d’électeurs à travers la France étaient inscrits pour participer aux élections, pour désigner parmi les douze candidats les deux en tête qui s’affronteront le 24 avril. Les bureaux de vote devaient fermer à 19 heures, mais dans les grandes villes comme Paris, Lyon ou Marseille, la fermeture  intervient généralement à 20 heures. Le protocole sanitaire du ministère français de l’Intérieur établi pour ce vote, a été allégé bien que l’’épidémie de Covid-19 soit toujours en circulation.
M’hamed Rebah