Le FFS décide du report de sa conférence : le sabordage a fait son œuvre

Pour le Front des forces socialistes (FFS), aucun des partis politique ayant été consulté en prévision de l’organisation de la Conférence nationale du consensus (CNC), n’a été contre cette initiative, si ce n’est des divergences de formes qui relèvent plus des modalités d’organisation que de l’essence même de cette conférence. En effet, à l’exigence des partis proches du pouvoir de respecter préalablement toutes les institutions élues, Mohammed Nebbou, premier secrétaire du FFS, estime que parler d’institutions légitimes dans le contexte national actuel, n’a pas d’importance, et que la CNC va au-delà des mandats électoraux. Telle était la réponse de ce responsable politique sur une question, portant sur la position de son parti vis-à-vis des institutions élues, lors de son intervention, hier, au forum du quotidien Liberté. En effet, le numéro 2 du FFS, s’est exprimé sur l’initiative lancée par son parti. D’emblée, ce responsable refuse de commenter les déclarations des responsables des partis, notamment du FLN, et réfute de parler d’échec de la CNC. Au contraire, il persiste et signe que depuis le lancement des consultations de plus de 65 partenaires entre partis politiques, personnalités et membres de la société civile, aucun d’entre eux (les partenaires, NDLR), n’a signifié un rejet quelconque, a-t-il tenté de convaincre, avant de rappeler que son parti est « facilitateur » plus qu’un acteur politique, sensé se positionner par rapport à une situation donnée. « La CNC se projette au-delà de toutes les institutions élues », tel est le crédo met en avant par Nebbou, en réponse à la question de savoir si son parti reconnait la légitimité des institutions de la République ou non. Evoquant la date de la tenue de la Conférence proposée pour les 23 et 24 février prochains, l’orateur a fait remarquer que son parti prendra tout le temps nécessaire pour murir son projet. Ce qui sous entend un report de l’échéance.

« L’opposition pourrait nous rejoindre»
Le premier secrétaire a indiqué que la participation du pouvoir à la conférence est une nécessité impérative. C’est ce qui constituera selon lui, un indicateur de la réussite ou de l’échec de ce rendez-vous. Cependant, Nebbou semble tourner le dos aux partis de l’opposition, notamment ceux regroupés au sein de la Coordination nationale pour les libertés et la démocratie (Cnltd). Bien que selon ce responsable souligne que les portes leur sont toujours ouvertes, l’importance accordée à la participation de l’opposition est reléguée au second plan. C’est du moins qui ressort des propos nuancés de Nebbou. À une question sur le poids de ce camp sur l’échiquier politique national, donc, de son rôle important dans les décisions qui engagent l’avenir du pays, Nebbou évite de se prononcer, en indiquant que «les portes demeurent ouvertes». Par ailleurs, il a souligné l’importance de la participation des associations de la société civile. Invité à donner la position de son parti par rapport à l’interdiction de la conférence de la Cnltd, avant-hier, à Alger, Mohamed Nebbou a préféré ne pas faire de commentaire, en indiquant que « la valeur de la liberté a été toujours un principe fondamental dans le combat de son parti», sans plus. Sur un volet, Nebbou a indiqué qu’il y a des parties qui sont contres son initiative, sans donner des précisions. En effet, d’aucuns parlent d’un argument mis en avant par ce responsable, pour justifier les déconvenues auxquelles butent, du moins pour le moment, l’initiative du parti de Hocine Aït Ahmed.

« Il n y a pas d’échec »
À l’entame de son discours, l’orateur a levé son bouclier pour défende son initiative qui représente selon lui, une « entreprise de réhabilitation du politique ». Revenant au sujet de la volte-face dans la position du FLN et les préalables imposés par nombre de partis du pouvoir, tel que le RND, TAJ et MPA, Nebbou a estimé qu’il ne s’agit nullement d’un revirement ou d’un refus de participer à sa conférence, mais des réserves qu’il conviendrait de lever avant la tenue de conférence. Pour lui, la démarche suit sont cours et elle n’est que dans sa phase préparatoire, et que son parti continuera à mener ses consultations avec toutes les parties, en laissant les portes de l’initiative ouvertes à tous. Comme pour lever tout équivoque, Nebbou a déclaré ceci : «je confirme qu’aucun refus à la participation n’a été exprimé par les partenaires », preuve en est qu’un groupe de contact avec les partis qui ont émis des réserves sera installé incessamment, et que chacun des partenaires devra avoir ses propres délégués. Maintes fois interpelés par une pluie de questions pour s’expliquer clairement au sujet de la nature des « réserves » émises par les partis du pouvoir, Nebbou n’a tenu des réponses qui souffrent d’ambigüités et a éludé de toucher au fond. En effet, le responsable du FFS tente de réduire le poids politique des discours de ces partis, en estimant qu’il s’agit seulement de points de divergence qui relèvent de la forme de la CNC. Plus loin encore, Nebbou a montré d’un doigt accusateur les médias, qui selon lui, ont mal interprété les discours de ces partis politiques. De même d’ailleurs, a-t-il souligné, les informations colportées par la presse au sujet de son initiative. Le numéro 2 du FFS insiste et réaffirme la détermination de sa formation politique à continuer la démarche allant dans le sens de convaincre. «Il n y a aucune réserve du FLN. Ce parti a déclaré sa participation et il a désigné ses délégués afin de discuter des modalités d’organisation», a-t-il insisté. Interrogé si son parti concède devant le préalable posé par Amara Benyounès, secrétaire général du Mouvement populaire algérien (MPA), qui a déclaré ne pas participer si les ex-membres du parti dissous le FIS, prendront part, Nebbou a affirmé qu’«on ne ferme la porte à personne » et d’ajouter que son parti travaille dans la légalité et il est respectueux des lois de la République, même s’il ne peut pas faire dans l’exclusion, a-t-il précisé. S’agissant du rôle de l’institution militaire dans la CNC, l’orateur a préféré à éviter de faire un commentaire. Quant au projet de l’amendement de la Constitution, Nebbou a fait savoir que cette question sera abordée lors de la Conférence. Enfin, Nebbou est revenu sur l’initiative de son parti en précisant qu’elle émane du FFS, «qui n’a rejoint aucun clan et que sa position demeure la même».
Farid Guellil

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