REBRAB

AFFAIRE «ISSAD REBRAB» : Le procès prévu pour aujourd’hui à Sidi M’hamed

Placé en détention provisoire depuis le 23 avril dernier, l’homme d’affaires, P-DG du groupe Cevital, Issad Rebrab, sera jugé aujourd’hui au niveau de la chambre correctionnelle du tribunal de Sidi M’hamed. C’est ce qui a été révélé par le journal étatique El Moudjahid qui cite une source judiciaire. Après le rejet de sa troisième demande de mise en liberté provisoire, le 15 décembre dernier, par la chambre d’accusation du tribunal de Sidi M’hamed, l’homme d’affaires qui a bouclé ses huit mois de détention provisoire, autorisés par le code des procédures pénales, le 22 décembre dernier, sera jugé. Précisant que l’accusé devra répondre des chefs d’accusation de « fausses déclarations liées à des transferts de capitaux vers l’étranger, surfacturation d’équipements importés et importation de matériel d’occasion alors qu’il avait bénéficié d’avantages douaniers, fiscaux et bancaires », le journal public a révélé que le dossier de l’instruction repose sur l’opération d’importation de la machine EVCON, spécialisée dans la production d’eau ultra-pure, un prototype conçu par la filiale du groupe Cevital EVCON Industry. Ainsi, l’enquête menée par la section de recherches du Groupement territorial de la Gendarmerie nationale de la wilaya d’Alger a révélé que l’importation de la presse pour plaques sandwich d’EVCON destinée à produire les membranes, a été bloquée par les services des douanes pour « surfacturation » sur la valeur de cet équipement. Le groupe Cevital avait précisé dans un communiqué  que «l’affaire d’Issad Rebrab n’est  ni une affaire de corruption, ni de détournement, ni de dilapidation de deniers publics. Des pratiques qui sont contraires à notre éthique et à nos valeurs ». « Cette mesure judiciaire, qui concerne uniquement une des nombreuses filiales de Cevital, la société EvCon Industry, est basée, à notre connaissance, sur des allégations de fausses déclarations, de surfacturation et d’importation de matériel usagé, objet d’une plainte des services des Douanes algériennes datant de 2018 » , a indiqué le communiqué.

Le fils de Rebrab donne sa version
Par ailleurs, il convient de rappeler que le fils de l’homme d’affaires, Omar Rebrab s’est lancé, récemment, dans une guerre médiatique en vue de dévoiler les détails sur «les blocages» dont le groupe Cevital était «victime» durant les dernières années.
Ainsi, multipliant les sorties médiatiques ce dernier s’est essentiellement focalisé sur l’industrie automobile, puisque le groupe s’est constitué en partie civile dans le dernier procès dit de montage automobile. Rappelant que le Groupe Cevital avait plusieurs marques dans le secteur automobile, le fils de Rebrab a révélé dans une déclaration à la presse qu’ « outre l’automobile, le Groupe a subi d’autres blocages dans d’autres secteurs ». « Nous sommes les premiers à avoir introduit la marque Hyundai en Algérie, il y a de cela plus d’une vingtaine d’années et du jour au lendemain nous avons été dépossédés de cet acquis. La marque a été redistribuée à d’autres personnes, ce  qui a causé un grand préjudice à notre Groupe », a-t-il dit.
En chiffres, il a affirmé que cette situation, a causé au groupe, «  un préjudice de 46 milliards de dinars, soit 4 600 milliards de centimes ». Pour rappel, lors du dernier procès de l’industrie automobile, l’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia ainsi que les deux anciens ministres de l’Industrie, Youcef Yousfi et Mahdjoub Beda, ont été condamnés à verser 10 milliards de centimes d’indemnités au groupe Cevital.
Lamia Boufassa