Le Bureau des médias des prisonniers a alerté, hier, sur une intensification des mesures répressives imposées par l’administration de la prison d’Ofer, située en Cisjordanie occupée, dénonçant des pratiques jugées humiliantes, une restriction sévère des droits de visite des avocats, ainsi que des signes inquiétants de détérioration de la santé des détenus palestiniens.
Selon le Bureau des médias des prisonniers, l’administration de la prison d’Ofer a récemment introduit de nouvelles procédures qualifiées de « dégradantes » lors des transferts des détenus vers les rencontres avec leurs avocats. Les prisonniers seraient ainsi soumis à des conditions de transport plus strictes et à un traitement humiliant de la part des gardiens. L’organisation affirme également que la durée des consultations juridiques a été drastiquement réduite, ne dépassant parfois que quelques minutes. Cette mesure s’inscrit, selon elle, dans une politique de restriction visant à limiter la capacité des détenus à communiquer avec leurs représentants légaux et, plus largement, avec l’extérieur. Parmi les mesures les plus controversées figure l’installation, pour la première fois selon les sources palestiniennes, de caméras de surveillance à l’intérieur des salles dédiées aux rencontres entre détenus et avocats. Une décision considérée comme une violation grave du principe de confidentialité des échanges juridiques. Le Bureau des médias des prisonniers dénonce également des pratiques constantes de contrainte physique, des cris et un traitement humiliant imposé aux détenus lors de leurs déplacements à l’intérieur de la prison. Sur le plan sanitaire, les mêmes sources font état de « signaux alarmants » concernant l’état de santé des prisonniers. Elles évoquent la propagation renouvelée de la gale (scabiose) dans plusieurs sections de la prison, ainsi que l’apparition de signes de faiblesse extrême et d’amaigrissement chez de nombreux détenus. Cette situation serait liée, selon ces rapports, à des politiques de privation alimentaire et à un manque de soins médicaux appropriés. Les détenus souffriraient également de négligence médicale systématique, aggravant la dégradation de leurs conditions physiques. Des précédents récents dans d’autres établissements pénitentiaires, notamment la prison de « Janout », ont également été signalés, avec des cas de douleurs dentaires aiguës et un accès limité aux soins, illustrant une problématique plus large dans le système pénitentiaire.
Réaction du mouvement de la résistance
Le mouvement de la résistance a vivement réagi à ces informations, dénonçant une escalade des mesures prises par l’administration de la prison d’Ofer. Le mouvement considère ces pratiques comme une nouvelle étape dans une politique systématique de répression contre les détenus palestiniens. Dans un communiqué, Hamas affirme que ces mesures constituent des violations des lois et conventions internationales relatives aux droits humains. Il assure toutefois que ces pratiques ne parviendront pas à briser la détermination des prisonniers. Le mouvement attribue la poursuite de ces abus à l’absence de mécanismes de responsabilité internationale et au silence de la communauté internationale face aux conditions de détention des Palestiniens. La résistance appelle les organisations internationales et les Nations unies à intervenir d’urgence afin de mettre fin à ces pratiques et de faire pression pour garantir une protection effective des détenus conformément au droit international humanitaire. Il exhorte également les institutions de défense des droits humains à assumer leurs responsabilités juridiques et morales. Par ailleurs, le mouvement invite les populations arabes et musulmanes ainsi que les défenseurs des droits humains à travers le monde à intensifier leur mobilisation en faveur de la cause des prisonniers palestiniens. Ces développements interviennent dans un contexte de détérioration globale des conditions de détention des prisonniers palestiniens dans les prisons sionistes, selon plusieurs organisations palestiniennes. Depuis l’escalade du conflit à Ghaza en octobre 2023, les autorités pénitentiaires auraient renforcé les restrictions, augmenté les mesures disciplinaires et réduit l’accès aux soins médicaux et à l’alimentation. Les rapports évoquent également une augmentation significative du nombre de détenus, dont des milliers sont placés en détention administrative ou classés comme « combattants illégaux », sans jugement formel. Face à ces accusations, les organisations palestiniennes alertent sur une situation qu’elles qualifient de critique, marquée par une combinaison de restrictions juridiques, de pressions psychologiques et de dégradation sanitaire. Elles appellent à une intervention urgente pour garantir le respect des droits fondamentaux des détenus et mettre fin, selon leurs termes, à un système d’« isolement et d’humiliation institutionnalisé ».
M. Seghilani














































