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TENSION EN LIBYE : Efforts diplomatiques et préoccupation sur l’action des mercenaires

Alors que le secrétaire général de l’ONU n’a toujours pas réussi à nommer son nouveau représentant spécial pour la Libye, après le blocage de l’ancien MAE algérien Ramtane Lamamra, la situation s’aggrave dans ce pays voisin et frère.

Point d’orgue de cette aggravation, la menace brandie par le président égyptien d’intervenir militairement après la série de revers militaires du maréchal Haftar. Mais aussi l’entrée sur des champs pétroliers des mercenaires de Wagner. Face à cette situation et fort de sa légitimité internationale et de l’appui de la Turquie, le  président du Conseil présidentiel du gouvernement d’entente nationale libyen, Fayez Al Sarraj s’efforce tant bien que mal d’y faire face .
Ainsi, il s’est entretenu avec  la représentante spéciale et chef par intérim de la Mission d’appui des Nations unies en Libye (MANUL), Stéphanie Williams et  avec la quelle il a évoqué les derniers développements de la situation en Libye et les efforts de l’ONU visant la reprise du processus politique. « La réunion a porté sur les derniers développements de la situation en Libye et les efforts de l’ONU visant la reprise du processus politique sur la base des conclusions de la Conférence de Berlin et de la résolution  du Conseil de sécurité, en vue de parvenir à un règlement global en Libye à même de préserver la souveraineté, l’indépendance, l’intégrité territoriale et l’unité de ce pays », a indiqué un communiqué du bureau de l’information de M. Al Sarraj. «L’accent a été également mis sur l’impératif de lever la fermeture des installations pétrolières, pour la reprise de la production, sous la supervision de la Compagnie nationale pétrolière (NOC) », souligne la même source. Par ailleurs, les deux parties se sont entretenues  sur la question des charniers découverts à Tarhounah et les mines implantées dans des agglomérations situées au niveau de la périphérie de Tripoli, ajoute le communiqué. À ce propos, les deux parties ont salué la décision du Conseil de sécurité portant création d’une mission d’enquête internationale en Libye chargée notamment de garantir le lancement de poursuites judiciaires à l’encontre des auteurs de violation des droits de l’Homme, conclut le communiqué. Mais, c’est aussi la présence des mercenaires et leurs agissements qui est préoccupant. Le représentant permanent de la Libye auprès des Nations unies, Taher al-Sunni, s’est   dit  vivement préoccupé par la présence de ces “mercenaires” sur le champ pétrolier Al-Charara. À  cet effet, la  Libye a appelé  les instances de l’ONU, l’Europe et les États-Unis à imposer des sanctions urgentes contre la société de mercenariat russe, Wagner, après l’entrée d’hommes armés étrangers, dont des “mercenaires russes”, sur l’un des plus importants champs pétroliers du pays.  Le champ pétrolier Al-Charara, d’une capacité de production de 300 000 barils par jour, représente  près d’un tiers de la production libyenne de brut en temps normal. “Le Conseil de sécurité n’est pas en mesure de punir des individus et des groupes de mercenaires tels que Wagner et les Janjaweed (mercenaires soudanais, ndlr) et  les milices de Khalifa Haftar, ayant violé toutes les résolutions internationales. Il est temps que les États-Unis et l’Europe imposent des sanctions directes à ces personnes et gèlent leurs avoirs et ceux qui les financent, tout comme les entités terroristes”, a indiqué Taher al-Sunni, le représentant libyen a l’ONU. De son côté, la compagnie nationale pétrolière libyenne (NOC) a exprimé sa profonde inquiétude quant à la présence d’hommes armés étrangers, dont des “mercenaires russes”, sur un des plus importants champs pétroliers du pays. La NOC a fait état de l’entrée de plusieurs convois de “dizaines de véhicules ayant accédé au site pétrolier les dernières quarante-huit heures ”. Après des mois d’arrêt, ce champ, sous contrôle du maréchal Khalifa Haftar, avait repris la production début juin, puis avait de nouveau été bloqué trois jours plus tard par des miliciens pro-Haftar. Situé dans la région d’Oubari (environ 900 km au sud de Tripoli), al-Charara est géré par la compagnie Akakus, une coentreprise entre la NOC, l’espagnol Repsol, le français Total, l’autrichien OMV et le norvégien Statoil. “Nous n’avons pas besoin de mercenaires russes ou d’autres mercenaires étrangers dans les champs pétroliers libyens. Ils cherchent uniquement à empêcher la reprise de la production pétrolière”, a expliqué le président de la National Oil Corporation, Mustafa Sanallah. Fayez al-Serraj a dénoncé auprès de l’envoyée spéciale de l’ONU en Libye par intérim, Stéphanie Williams, ces violations. Washington avait exprimé sa préoccupation de la présence de Wagner et de mercenaires étrangers dans les installations de la compagnie pétrolière nationale libyenne (National Oil Corporation ou NOC).
M. Bendib