PROMOTION DANS LE SECTEUR DE L’ÉDUCATION : Les syndicats partagés

Au lendemain de l’annonce de l’ouverture des inscriptions de promotion des enseignants aux grades d’enseignants principaux et d’enseignants formateurs pour les trois cycles d’enseignement, qui concernera plus de 4000 postes budgétaires, les syndicats du secteur de l’Éducation semblent départagés. En effet, tandis que certains affirment que la mesure n’est qu’un «leurre» voire une «arnaque» pour détourner l’attention des dossiers qui fâchent, dont la gestion des oeuvres sociales, d’autres se félicitent et affirment que c’est un « acquis». Ainsi, selon le secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (SATEF), Boualem Amoura, cette décision n’est «qu’un leurre, voire une arnaque». Rencontré, hier, en marge de l’Assemblée constitutive de la Confédération des syndicats algériens (CSA), le syndicaliste a tiré à boulets rouges sur le ministère de l’Éducation, qui selon lui «veut gagner du temps». Et pour cause, selon ses arguments : «La promotion doit concerner l’ensemble des travailleurs du secteur de l’Éducation et non seulement les professeurs, sans oublier que certaines wilayas sont d’ores et déjà saturées en matière de postes budgétaires». «Ils sont en train de recenser le nombre des postes, mais certains établissements sont saturés avec 100% de professeurs formateurs», a-t-il affirmé. À titre d’exemple, il a précisé qu’en 2015, la wilaya de Tizi-Ouzou a bénéficié de 160 postes budgétaires pour 160 enseignants. Ainsi, tous les enseignants étaient, à l’époque, promus. Tout en notant que la promotion concerne les professeurs ayant 10 ans d’ancienneté, Amoura a noté que dans certaines wilayas il n’y a pas de professeurs ayant accumulé ces années. Pour ce qui est du nombre de postes budgétaires ouverts, le président du Satef a précisé que le nombre de «4000 postes à l’échelle nationale reste minime, bien que certaines wilayas sont saturées». Plus loin, le syndicaliste a précisé que cette nouvelle promotion n’est que «la résultante de la grève du Cnapeste». Pire encore, il accusera le département de Nouria Benghebrit de «vouloir à travers ce concours détourner l’attention des dossiers de discorde, tels que la révision du statut particulier ou encore la gestion des oeuvres sociales». Selon ses dires, le ministère «veut simplement gagner du temps». Pour sa part, le coordinateur du Snapest (Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique) s’est montré satisfait quant à l’annonce. Selon lui, « c’est un acquis, dans la mesure où on a obtenu pour l’année 2018 des postes budgétaires supplémentaires». Tout en précisant que cela s’inscrit dans la continuité amorcée en 2017, le syndicaliste s’est félicité de l’ouverture de ces nouveaux postes budgétaires. À noter que la ministre de l’Éducation nationale, Nouria Benghebrit a annoncé, hier, à travers sa page Facebook officielle, la tenue d’examens professionnels pour la promotion aux postes d’enseignant principal et enseignant formateur, pour le 15 janvier prochain. Le concours concerne 40 894 postes, dont 16 353 pour le cycle primaire, 11 751pour le moyen et 12 790 pour le secondaire. Pour ce qui est du concours de promotion aux grades d’enseignants principaux et d’enseignants formateurs annoncé jeudi dernier, il concerne 4.106 postes. Les inscriptions à ce concours débuteront aujourd’hui et se poursuivront jusqu’au 25 novembre prochain.

Lamia Boufassa