Prix des produits de première nécessité : Battage médiatique et peur des citoyens à Blida

Depuis le vote de la loi de finances 2016, les discussions au travail, dans les cafés et même à la maison, ne tournent que sur les augmentations des prix des produits de première nécessité, en particulier le sucre, le lait, la farine, les carburants. Tous les journaux en parlent aussi et la rumeur en fait plus encore. Chacun y va de son pronostic, chacun donne les taux qu’il croit détenir en particulier et la peur de lendemains incertains s’installe insidieusement chez les Algériens. « Le prix de l’essence va augmenter de 25 % et celui du sucre, de l’huile, de la farine et de la semoule vont plus que doubler », nous a affirmé un père de famille qui s’est demandé comment il allait pouvoir tenir le coup avec son maigre salaire.
D’autres affirment que nous allons payer la farine à 200 DA le kilo, l’huile à 1000 DA les 5 litres et le lait coûtera au moins 80 DA le sachet. Quant au pain, les pronostics les plus faibles le mettent à 30 DA la baguette, ce qui est impensable. C’est presque une panique qui s’installe au sein des familles et la rumeur malsaine ne fait qu’augmenter ce sentiment.
Pourtant, nous connaissons chaque jour des augmentations de produits, qu’ils soient de première nécessité ou non, qui grèvent nos budgets, sans que personne ne s’en émeuve ou n’en parle. Quand le prix du voyage entre deux points rapprochés augmente de 20 ou 30 % à la fois, quand le pain, taxé à 8 DA ne coûte jamais moins de 10, souvent beaucoup plus, quand nos commerçants nous vendent des produits contrefaits, quand le fardage devient la norme, pourquoi personne n’en parle ? Pourquoi aucune mesure n’est prise par les services concernés ? Nous ne sommes pas en train de cautionner ou de défendre la hausse annoncée des prix de large consommation, mais il ne faut pas paniquer, il ne faut pas non plus se taire et les pouvoirs publics sont tenus de donner toutes les explications nécessaires, de dire toute la vérité sans démagogie et surtout sans mentir, car les Algériens ont horreur du mensonge ! L’heure est grave, non pas pour ce qui est des augmentations des prix de ces produits, mais à cause des risques de dérapage et d’instrumentalisation de cette peur, c’est là où réside le risque pour notre pays. D’accord, nous sommes vaccinés et la majorité des citoyens ne veulent pas revenir à une période comme la décennie noire, mais il y a beaucoup de jeunes et de moins jeunes qui pourraient être induits en erreur et tomber dans le piège des faiseurs de faux printemps, qu’ils soient arabes ou non. La seule manière de préserver l’Algérie, objet de toutes les convoitises, est de dire la vérité au peuple, tout en appliquant les règles d’économie pour tout le monde et éviter les dépenses inconsidérées qui font beaucoup de mal.
Hadj Mansour