LE MANS

Près de 40 ans après sa mort : Steve McQueen fait toujours rêver les constructeurs automobiles

La firme italienne Ferrari est poursuivie par les ayants droit de l’acteur pour avoir utilisé son nom sans leur autorisation. Depuis sa mort en 1980, Steve McQueen a inspiré à de nombreuses reprises les fabricants de voitures.

En 1963, Steve McQueen s’illustrait au guidon de sa moto dans La Grande Évasion. Une cascade de haut vol au-dessus des herses et des barbelés de la frontière Suisse, seule issue possible pour échapper à la Wehrmacht. Cinq ans plus tard, l’interprète du Kid de Cincinnati rempile au volant d’une Ford Mustang et offre au cinéma l’une de ses plus belles courses-poursuites dans Bullit. En 1970, l’ancien mécanicien devenu l’acteur le mieux payé au monde revêt la tenue d’un pilote des 24h du Mans pour le plus grand bonheur de Porsche et de Ferrari, deux écuries mises en avant dans le film Lee H. Katzin. Steve McQueen était un passionné de sport mécanique. Pour les constructeurs, apercevoir l’Américain au volant de sa voiture éclipsait toute autre campagne publicitaire. Le comédien est devenu de son vivant une icône du milieu. Près de 40 ans après sa mort, cette image n’a rien perdu de sa superbe. À l’occasion de son 70e anniversaire, Ferrari voulait s’offrir un beau cadeau: une série spéciale conçue autour de modèles ou de personnalités emblématiques associées à la marque. Bien évidemment le Roi du cool eut le droit à son modèle baptisé «The McQueen». Il s’inspirait d’une Berlinetta Lusso 250 GT, que l’acteur possédait et appréciait plus que tout.

Chouchou des constructeurs
Mais ce plaisir coupable a valu à la marque à l’étalon noir un arrêt au stand justice. La famille du comédien l’accuse d’avoir d’utilisé le nom de Steve McQueen sans son autorisation. Le constructeur aurait ainsi «réalisé un chiffre d’affaires et des bénéfices significatifs», avance l’assignation, déposée hier devant un tribunal de Los Angeles. Depuis, Ferrari a renommé le modèle «The Actor», mais, continue de faire référence au comédien dans la description de la voiture.
En janvier dernier, à l’occasion du salon automobile de Détroit, le constructeur Ford avait présenté une édition limitée de son mythique modèle Mustang, baptisée Mustang Bullitt à l’occasion des 50 ans du film Bullitt dans lequel Steve McQueen maîtrise les centaines de chevaux de son bolide dans les rues de San Francisco. L’édition avait alors été réalisée en accord avec la famille McQueen, la petite-fille de l’acteur, Molly McQueen, ayant même participé à l’événement de lancement.

Un fou du volant
Fils d’un pilote d’avion, McQueen est prédestiné pour la mécanique. Dans ses jeunes années, il traverse les États-Unis avec sa moto «indian chef» de 1946. Première bécane et premier coup de cœur. Des années plus tard, le comédien déclare son amour à ce modèle dans une interview donnée au magazine Sports Illustrated. «J’étais tellement fier de cette moto que j’ai roulé dessus sans m’arrêter alors que j’avais rendez-vous avec ma copine. Elle m’a dit: “Tu préfères passer du temps avec ta moto qu’avec moi?” Je suis reparti, la jeune fille aussi, mais la moto est restée.»
Le jeune homme fait bien plus que jouer les pilotes sur grand écran, il s’essaie volontiers à de nombreuses courses automobiles. Ses performances sont remarquées. La victoire lui tend souvent les bras mais les violentes chutes se dresseront presque toujours sur son chemin. Un destin bien plus dramatique. Devenu riche, le casse-cou d’Hollywood se distingue pour sa collection privée composée des plus grandes voitures sportives de son époque. Shelby Cobra, Jaquar XK-SS, des Porsche, des Ferrari, des Lotus, son appétit n’est jamais rassasié, celui de ses fans non plus. Les marques l’ont bien compris.