Baadji

PARTI FLN : Quand Baadji pagaie à contre-courant

Le secrétaire général du FLN semble nager à contre-courant. Au moment où la mise du FLN au musée semble la meilleure des solutions pour restituer ce sigle et ce symbole à tout le peuple, il continue de faire la promotion de l’appareil qu’il préside depuis la destitution de Dejmaï en multipliant ses offres de service.

Il semble feindre d‘oublier que depuis le 22 février 2019, les marcheurs du Hirak n’ont raté aucune occasion pour revendiquer haut et fort la destitution des assemblées élues ou siègent de nombreux élus de son parti et de le mettre au musée. Les désaveux se multiplient mais lui, continue de clamer haut et fort que son parti reviendra fort et qu’il sera le levier qui permettra la construction de l’Algérie nouvelle. C’est la une forme de surdité politique et une forme de schizophrénie qui semble avoir dicté, au nouveau SG du FLN, ses propos. Car, et la réalité du terrain le prouve, il ne reste du FLN originel, le front qui a uni les Algériens pour libérer le pays que le symbole et les sigles et la formation politique qui continue de se revendiquer de sa ligne n’est qu’un appareil coupé du peuple. Pour l’histoire, au lendemain de l’indépendance, les appels à le mettre le FLN au musée ont été ignorés. Même certains de ses membres fondateurs avaient émis cette exigence car le Front qui unissait toutes les tendances et toutes les couleurs politiques autour d’un même objectif, a rempli sa mission. Mais au lieu de répondre à cette condition pour mettre en place une scène politique émanation des forces en présence à cette époque, on l’avait royalement ignorée. Pis encore, au mois de juin 1980, à l’appel de Chadli Bendjedid, le FLN se murait encore plus dans sa logique de casse de son image en adoptant, à l’occasion d’un congrès extraordinaire le fameux article 120, qui fermait la porte devant toute tentative de mue politique. Depuis le parti est devenu un appareil souvent apparenté, par la vox-populi, à la prébende, le trafic des élections, l’achat des voix grâce à l’argent sale. Enfin tout ce qui a conduit au rejet de ce parti par une grande masse des Algériens. Et les appels à le mettre au musée ne datent pas d’aujourd’hui. Au mois d’août 2019, Mohand Oumar Benlhadj, secrétaire général par intérim de l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM), avait réitéré la demande de son organisation à dissoudre le Front de libération nationale (FLN) et sa « constitutionnalisation » afin de remettre le sigle du parti aux Algériens et leur Histoire. Plus loin encore dans le temps, au mois d’octobre 2011, 22 députés indépendants, du Front national algérien (FNA) et du Mouvement Infitah) et Ali Brahimi (député de Bouira qui avait pris ses distances avec le RCD), avaient introduit au niveau du bureau de l’Assemblée populaire nationale (APN), une proposition de loi amendant la loi 99-07 relative au moudjahid et au chahid. Parmi les points abordés dans ce projet de loi la restitution du sigle FLN à tous les Algériens.
Et ces appels ont émané même de ses rangs. Belayat, alors ex-coordonateur du bureau politique du FLN en 2015, avait déclaré dans une déclaration à un confrère qu’il ne craignait pas le musée mais une destination plus humiliante au FLN. Les appels à mettre le FLN au musée sont donc nombreux et ne datent pas du 22 février 2019. Son secrétaire général doit se rendre à l’évidence : on ne fait pas du neuf avec du vieux et on ne peut construire l’avenir à partir de reliques du passé. Le meilleur service à rendre à ce parti est de le soustraire aux jeux malsains de ceux qui l’ont desservi et ont terni son image. Le temps est venu de le restituer à l’histoire commune de tous les Algériens.
Vouloir en faire un cheval de Troie pour compromettre l’édification de l’Algérie nouvelle est une forme de trahison aux sacrifices de ceux qui l’ont créé, qui en avaient fait un espace d’union de tous ceux qui militaient pour une Algérie indépendante et souveraine. Le temps est venu d’inscrire une disposition, dans la nouvelle Constitution, visant à lui rendre la place qui est la sienne et le restituer lui et toute la charge de symboles qu’il représente à l’ensemble des Algériens.
Slimane Ben