Hanoune

LOUISA HANOUNE LIVRE SA POSITION EN ATTENDANT LA DÉCISION FINALE DE SON PARTI : «Le PT ne doit pas aller, cette fois-ci, à la Présidentielle !»

Dans l’attente de trancher sur la question de sa participation aux élections présidentielles du 18 avril prochain, le PT a jugé utile de fournir sa propre lecture des manifestations du 22 février dernier. Alors que le Comité central du Parti des travailleurs (PT), devra se réunir le 1er mars prochain en session extraordinaire pour décider de sa participation ou non à l’élection présidentielle, le parti dirigé par Louisa Hanoune a, dans une déclaration rendue publique, à l’issue de la réunion du secrétariat permanant, affirmé que «le peuple s’est réapproprié le droit démocratique et constitutionnel de manifester pacifiquement». Ainsi, en réaction aux manifestations du 22 février dernier, le PT a soutenu que «le droit de manifester a été confisqué par les gouvernements successifs depuis deux décennies, notamment à Alger sous des prétextes sécuritaires». Par conséquent, le parti de Louisa Hanoune a considéré qu’au cours de «la journée du vendredi, il a été prouvé que le système périmé et putréfié n’a pas réussi à briser les ressorts de la majorité du peuple et donc de la nation». Tout en soulignant qu’«il s’agit d’un processus politique de recomposition amorçant un tournant politique pour la nation», le Parti des travailleurs a précisé que «comme tout processus, celui-ci ne s’arrêtera pas». «Des centaines de milliers de citoyens ont exprimé, dans une journée historique, l’aspiration profonde au changement, au départ d’un système qui les étouffe depuis des années», a écrit le parti de Hanoune. Toujours dans le rôle de l’opposant, la déclaration du secrétariat permanent a tenu à souligner que «les manifestants ont prouvé et démontré leur union et leur grande capacité d’auto-organisation. Ils ont empêché toute forme de dérapage et de provocation qui pourrait fausser leur travail historique et ouvrir la voie au chaos et donc aux ingérences étrangères».Ces derniers savent, selon la même source, que «le maintien de la nation est une condition préalable à tout changement positif et légitime à l’avenir». Ainsi, «ils ont affirmé leur engagement en faveur de la paix et de la souveraineté nationale». «Pour le secrétariat permanent du bureau politique du parti des travailleurs, il ne s’agit guère d’un orage d’été, mais d’un contexte qui reflète le profond désir de mettre fin à ce régime, le désir de la majorité d’exercer pleinement sa souveraineté et de vaincre le déclin des institutions étatiques après avoir perdu leur légitimité et leur crédibilité», a encore analysé la même source. Pour le PT, il y a «désormais l’avant 22 février et l’après 22 février 2019».
«Les partisans de la «continuité» assumeront seuls la responsabilité devant toute attitude provocatrice allant à l’encontre de l’aspiration profonde au changement qui s’est exprimée dans tout le pays ce 22 février 2019», a conclu la déclaration du PT. Dans tous les cas de figures, le Parti des travailleurs est plutôt attendu quant à sa décision de participer ou non aux élections présidentielles. Louisa Hanoune avait exprimé son «point de vue personnel», soutenant que «le parti ne doit pas aller, cette fois-ci, à la prochaine élection présidentielle». Toutefois, elle «se soumettra» à toute décision que prendra le Comité central, prévu pour le 1er mars prochain. Bien que le parti n’ait pas encore pris sa décision finale, il n’en demeure pas moins qu’il a retiré le dossier de candidature, laissant planer le doute jusqu’au début mars, soit à peine trois jours avant la date butoir de dépôt des dossiers auprès du Conseil constitutionnel.
Lamia Boufassa