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Le silence de la tutelle n’est pas venu apaiser les tensions : Les médecins résidents maintiennent l’arrêt des gardes

Attendue initialement pour hier, la reprise des gardes par les médecins résidents est remise aux calendes grecques. Et pour cause, le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière est resté «muet» quant à la proposition des résidents de relancer l’activité de garde en contrepartie d’une relance des négociations. Boycottée depuis le 29 avril dernier, le Collectif autonome des médecins résidents avait proposé, la semaine dernière, de reprendre l’activité conditionnée par une relance de négociation fructueuse. Pour ce faire, le Camra a accordé un ultimatum d’une semaine à la tutelle pour tenir un autre round des négociations, mais cette dernière a fait la sourde oreille. Autrement, aucune invitation ni la moindre réaction n’a été donnée par celle-ci. Cette concession, si l’on peut l’appeler ainsi, démontrait la volonté du mouvement CAMRA d’en finir avec cette crise même si elle est conditionnée par des négociations fructueuses. À travers un communiqué de presse annonçant la décision, le Collectif affirme qu’en « attendant de trouver des solutions pérennes, le Camra compte continuer son mouvement de protestation », réitérant néanmoins « son entière disposition au dialogue, aux négociations et aux propositions concrètes, afin de trouver une entente juste et digne de ce mouvement historique, qui perdure depuis maintenant plus de six mois ». Également, le Collectif autonome des médecins résidents algériens appelle, à travers le même document les 15 000 résidents à rester mobilisé, unis et à maintenir leur engagement envers cette cause, jusqu’au dénouement.
Rappelons qu’au lendemain de l’annonce de la décision de boycott des gardes, le ministère de la Santé a ordonné la réquisition du personnel de médecins résidents pour garantir « la continuité du service public » dans les structures de santé. Pour cela, le département de Hasbellaoui rappellera l’obligation d’assurer le service minimum, conformément aux dispositions de la loi 90/02 du 6 février 1990 relative à la prévention et au règlement des conflits collectifs de travail et à l’exercice du droit de grève dans les domaines, notamment l’article 38 qui assujettit le personnel médical à assurer « les services hospitaliers de garde, les urgences et la distribution des médicaments ». Mais les résidents ont refusé de se soumettre à la décision du département de Hasbellaoui. Les futurs spécialistes avaient affirmé qu’ « ils ne sont pas concernés par la loi n°90/02 qui est applicables uniquement “aux travailleurs ». « Cette réquisition s’adresse aux fonctionnaires et ne concerne pas les étudiants que nous sommes », avaient-ils rétorqués. Le ministère de la Santé avait appelé, début mai, les médecins résidents, à la sagesse et à la retenue, regrettant leur refus d’assurer le service minimum au niveau des points d’urgence et de garde et rappelant que leurs revendications ont été prises en charge. Pour combler le déficit en médecins dans les urgences, le ministère avait annoncé le recrutement de 600 généralistes par le biais de l’ANEM. Pour rappel, les revendications des résidents portent essentiellement sur l’abrogation du caractère obligatoire du service civil et son remplacement par un autre système de couverture sanitaire, le droit à la dispense du service militaire, le droit à une formation de qualité pour le médecin résident, la révision du statut général du résident, le droit aux œuvres sociales, ainsi que le droit à l’agrément d’installation à titre privée de spécialistes en biologie clinique.
Lamia Boufassa