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Le mandat de la commission sociale prolongé à une date non définie : Benghebrit s’attire les foudres des syndicats

Une réunion regroupant les syndicats du secteur aura lieu prochainement pour « riposter » contre la décision du département de Nouria Benghebrit de prolonger le mandat de la commission des œuvres sociales de l’éducation jusqu’à une date non définie.
Le dossier de la gestion des œuvres sociales n’est pas prêt de connaître son épilogue. En effet, au lendemain de la décision du ministère de l’éducation nationale de prolonger le mandat de la commission des œuvres sociales des travailleurs de l’éducation sans définir de date limite, les syndicats du secteur crient leur désarroi et affirment qu’ils ne vont pas rester les bras croisés. Ainsi, selon Boualem Amoura, secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (SATEF), «la décision de prolonger le mandat de la commission est illégale». Tout en précisant que huit syndicats du secteur « vont répondre en conséquence», le syndicaliste a indiqué que «ces derniers croyaient que la ministre avait prolongé le mandat jusqu’au mois de mai 2019». Par ailleurs, Boualem Amoura a précisé que «huit syndicats étaient contre la prolongation du mandat de la commission, qui est arrivé à son terme le mois de juillet dernier». Par conséquent, «ces syndicats devront se réunir prochainement pour prendre les mesures nécessaires contre cette décision», a fait savoir notre interlocuteur.
Ne donnant pas de date exacte pour la réunion, il a, néanmoins, assuré que celle-ci «aura lieu après l’assemblée constitutive de la confédération des syndicats de la Fonction publique qui aura lieu ce samedi».
Pour ce qui est des raisons qui ont poussé le ministère à prendre cette décision de manière unilatérale, le président du Satef affirme que «le gouvernement veut renvoyer le dossier après les élections présidentielles d’avril 2019». «On veut que les élections présidentielles se déroulent dans le calme, et ce dossier est sensible, puisque il concerne l’argent des 700 000 travailleurs de l’éducation». Interrogé, par ailleurs, sur les appels à privatiser la gestion des œuvres sociales, Boualem Amoura est catégorique : «On n’acceptera jamais une telle décision».
«On ne privatise pas les œuvres sociales. Ces fonds, comme leur nom l’indique sont une protection pour le travailleur», a-t-il dit avant d’accuser ces syndicalistes qui ont appelé à la privatisation d’être «obnubilés par l’argent ». Pour sa part, Meziane Meriane, coordinateur du Snapest (Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique) a affirmé que «la réponse du syndicat sera ferme à propos de cette décision».
Selon ses dires, «le prolongement était prévu pour une année, ou le temps d’organiser des élections», or que le document signé par le secrétaire général du ministère n’en «dit pas un mot à propos du délai de prolongement».
Évoquant, d’autre part, la façon de gérer les œuvres sociales, le coordinateur du Snapest a réitéré son attachement à la décentralisation de cette activité, soulignant que dans tous les secteurs qui font partie de la Fonction publique, la gestion des œuvres se fait de manière décentralisée sauf pour le secteur de l’Éducation nationale.
Pour rappel, le mandat de trois ans des commissions de gestion des fonds des œuvres sociales (nationale et des wilayas) est arrivé à terme au mois de mai dernier. Le ministère, qui n’a pas organisé d’élections pour le renouvellement des représentations, avait proposé de prolonger d’une année les mandats, avant de faire marche arrière et de ne pas définir une date précise.
Lamia Boufassa