Le CNAPESTE compte relancer la grève après les vacances : Retour à la case départ ?

Le calme dans le secteur de l’Éducation nationale aura été de courte durée. Le Conseil national des professionnels du secteur ternaire de l’éducation (CNAPESTE), décide de renouer avec la contestation après avoir mis fin, le 28 février dernier, à sa grève illimitée.

Ce syndicat annonce, en effet, l’organisation d’une grève de deux jours reconductible à partir du 9 avril prochain soit après le retour des vacances de printemps. Bien que le mouvement de grève nationale et illimitée organisé le 31 janvier passé ait occasionné un retard considérable dans l’avancement des cours, notamment dans les wilayas de Blida et de Béjaïa, le CNAPESTE ne semble guère s’en soucier. Mettant en péril l’avenir de milliers d’élèves, surtout ceux en classe d’examens, le syndicat prévoit encore une fois de perturber leur scolarité en organisant des journées de grèves cycliques. En effet, dès le retour des vacances de printemps, les enseignants affiliés à ce syndicat vont renouer avec les actions de contestation. La décision a été prise samedi soir à l’issue de la session extraordinaire du conseil national du CNAPESTE, ont fait savoir les responsable de cette entité syndicale. Selon son porte-parole, Messaoud Boudiba, il s’agira d’organiser deux jours de grève chaque semaine pour dénoncer «les intimidations du ministère de l’Éducation ». À rappeler qu’après l’arrêt de la grève illimitée et la reprise du dialogue entre la tutelle et les représentants du Cnapeste, ces derniers ont affiché leur opposition à plusieurs questions notamment celle concernant les ponctions sur salaire des grévistes. Le syndicat avait appelé à l’annulation de cette mesure puisque les enseignants ont repris leurs postes.
Il exige, également, que l’étude des dossiers des enseignants concernés par les promotions aux grades se fasse avant le 31 août 2018, alors que la ministre avait proposé que cela se fasse avant 31 décembre. En réponse à cela, la ministre du secteur, Nouria Benghabrit, avait affirmé que la ponction sur les salaires des enseignants grévistes était une décision «irrévocable» ajoutant que chaque enseignant doit assumer sa responsabilité. «Les enseignants savent depuis 2014 que toute grève entraine une ponction sur salaires conformément aux lois en vigueur», avait-t-elle soutenu. Pour ce qui est du second objet de divergence, à savoir la promotion du grade d’enseignant à enseignant principal et du grade d’enseignant principal à enseignant formateur couvrant une période de trois ans (de 2015 à 2017), période durant laquelle une autorisation exceptionnelle a été appliquée, en sus de la promotion qui concerne l’année 2018. La ministre de l’Éducation a affirmé que son département avait appelé à un débat logique et réfléchi basé sur des indicateurs éducatifs et pédagogiques et non sur des raisons sociales, et ce à travers un examen des quotas, nombre d’enseignants, d’enseignants principaux et d’enseignants formateurs, d’autant, avait-elle dit, que le débat était ouvert à tous les syndicats car la revendications était collective et commune. Affirmant que le ministère a proposé une promotion d’office pour les trois années en 2018 en sus des promotions spécifiques à cette année, elle avait précisé que la tutelle a fixé le mois de décembre 2018 comme dernier délai alors que les syndicats ont refusé et proposé le mois d’août 2018. Pour Benghabrit, la proposition du syndicat est «inacceptable» car le ministère est tenu par un calendrier chargé (examens officiels et numérisation) nécessitant une conjugaison des efforts de l’ensemble de ses fonctionnaires au vu de l’importance des examens nationaux, de plus l’étude des quotas est compliquée et nécessite du temps.
Ania Nait Chalal