Partis politique

L’activité politique en voie d’atteindre sa vitesse de croisière Les partis s’agitent dans les starting-blocks

Les journées de vendredi et samedi derniers ont été très chargées en activités politiques et partisanes. À six mois des élections présidentielles de 2019, la bataille de positionnement est lancée avec cette agitation dans le paysage politique national.
À l’allégeance comme à l’opposition, des partis qui se cherchent un bon positionnement alors que d’autres semblent tenter difficilement de se relever et dire simplement : « on est là ! », comme pour la formation de Ahd 54 de Fawzi Rebaïne. Dans ce flou sur la scène politique, certaines figures majeures de la politique nationale semblent en perte de repères pour constituer les cartes de jeu et tomber sur le bon candidat présidentiable, à l’exception du Front El-Moustakbel qui a investi hier son président pour mener cette course.

Abdelaziz Belaïd : cinquième candidat aux présidentielles
Créé en 2012, le Front El-Moustakbel de Abdelaziz Belaïd est devenu en l’espace de quelques années la troisième force à l’Assemblée populaire nationale. Il a tenu vendredi dernier son deuxième congrès, après la réélection de Belaïd à la tête du parti, les militants l’ont investi hier, à Zéralda, comme candidat du parti aux élections présidentielles. Cinquième candidat à avoir annoncé sa candidature, il est pourtant la première personnalité de poids à l’avoir fait, car les autres candidats sont de deuxième ligne, Il lui reste désormais à préparer et réussir sa candidature. En se définissant comme un « vrai parti » moderniste et démocratique, El-Moustakbel n’a pas hésité à critiquer « le peu de performance » du gouvernement, mais refusant d’intégrer les initiatives de l’opposition.

L’énigme Benyounès
Paradoxalement, alors que le président du Mouvement populaire algérien (MPA), Amara Benyounès, qui tenait toujours un discours en faveur d’un nouveau mandat au président Bouteflika, Benyounès a affirmé vendredi dernier que sa formation n’a pas tranché encore sur son candidat à la présidentielle. Une exception dans le camp de l’allégeance ; FLN, RND, TAJ et d’autres ont soutenu clairement que leur candidat est bien Bouteflika.

FNA et Ahd 54 : se remettre difficilement de la déception
Effacés du paysage médiatique après la double claque reçue lors des élections locales et législatives, les deux formations d’Ahd 54 et le Front national algérien (FNA) ont fait le choix de se retirer un moment avant de revenir avec l’espoir pour les deux chefs de parti, Fawzi Rebaïne et Moussa Touati, de relever la tête cette fois-ci. Porteurs d’un discours «ni pour ni contre», les deux chefs politiques, en mal d’existence, ont organisé des rencontres avec leurs militants ce week-end (à Aïn Témouchent et Alger) où la prochaine échéance est au centre des intérêts. Alliés au gouvernement et principales forces du pays, le FLN et le RND semblent les grands gagnants : ils soutiennent la candidature du président Bouteflika, appuyé par une trentaine de formations politiques. Ils sont également les seuls bénéficiaires de la décomposition et les divergences dans la scène politique. En attendant l’annonce officielle de la candidature de Bouteflika, le FLN devrait régler un autre problème : la fracture au sein de son groupe parlementaire à l’APN, dont le président, Saïd Bouhadja, issu du parti, semble vivre ses derniers moments.

L’opposition : crainte d’une nouvelle déroute électorale
Déroutés lors des dernières échéances électorales et peu nombreux face à une majorité présidentielle compacte et solide, les partis de l’opposition semblent déboussolés plus que jamais. Peu de chances également de voir ces partis se constituer en un seul camp pour peser contre la candidature du président de la république : beaucoup d’initiatives politiques, mais peu de solidarité. Un exemple qui se confirme encore une fois avec les déclarations de la secrétaire nationale du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune, qui s’accroche à son initiative d’ « Assemblée constituante », refusant le « consensus national » du MSP. Vice-versa avec les autres figures de l’opposition qui rejettent systématiquement les initiatives des autres. Les fractures internes sont un autre syndrome pour l’opposition ; le Front des forces socialistes (FFS) a organisé une marche hier pour célébrer le 55ème anniversaire de sa fondation, cependant les deux camps antagonistes dans le parti ont préféré marché « à distance ». Les partis islamistes ne sont pas mieux côtés. À défaut de peser réellement sur l’opinion publique, le MSP s’appuie sur les coups médiatiques et les déclarations controversées comme son opposition à la transcription de tamazight en latin et sa vive dénonciation aux ministres qui ne s’expriment pas en langue nationale. Remis de sa déception de ne pas avoir l’adhésion escomptée à son initiative de « consensus national », Abderrezak Makri, président du Mouvement pour la société de la paix (MSP), a endossé son costume de chef de file de l’opposition. Hier, il a animé un meeting à Constantine alors que Filali Ghouini d’El-Islah était à M’Sila. De même tendance idéologique, le Front pour la justice et le développement (FJD) d’Abdellah Djaballah a été à Constantine en meeting populaire lui aussi, où était encore son ancien allié à l’Alliance Adala-Nahda-Bina, Abdelkader Bengrina du Mouvement El-Bina.
Hamid Mecheri