Accueil À LA UNE PROJET DE TSGP : L’Algérie démarre son chantier à Adrar

PROJET DE TSGP : L’Algérie démarre son chantier à Adrar

0

Les travaux de la 5e réunion ministérielle du Comité de pilotage du projet de gazoduc transsaharien (TSGP) qui se sont clôturés mercredi soir à Alger, ont été très fructueux à plusieurs titres, et pas seulement pour avoir adopté et validé le rapport final de l’étude de faisabilité actualisée du projet, ce qui est déjà important.
Dès le lendemain, jeudi, une étape décisive dans la concrétisation du projet était marquée avec le lancement officiel, à Aoulef dans la wilaya d’Adrar, des travaux de réalisation de son tronçon algérien, par le ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, qui coprésidait cette cérémonie, avec le ministre des Ressources pétrolières (Gaz) du Nigeria, Ekperikpe Ekpo, et le ministre du Pétrole de la République du Niger, Hamadou Tini, en présence du wali d’Adrar, Fodil Douifi, du PDG du groupe Sonatrach, Nour Eddine Daoudi, des responsables de la société nationale nigériane du pétrole (NNPC) et de la société nationale nigérienne du pétrole (Sonidep), des autorités locales de la wilaya d’Adrar, ainsi que de cadres et d’experts des trois pays.

La ferme volonté politique des trois pays
Dans une allocution prononcée à cette occasion, Mohamed Arkab a fait remarquer qu’à travers l’accord portant sur l’adoption des résultats de l’étude de faisabilité et le passage à la phase de réalisation, le Comité de pilotage du projet, réuni mercredi, au Centre international de conférences (CIC) Abdelatif-Rahal, a exprimé la ferme volonté politique des dirigeants des trois pays, ainsi que leur détermination à traduire ce projet dans les faits. Mohamed Arkab a rappelé que ce projet s’inscrit dans le cadre des orientations du président Abdelmadjid Tebboune, visant à renforcer la coopération africaine, à promouvoir la coopération Sud-Sud et à concrétiser les projets structurants soutenant le développement conjoint des peuples du continent. Les ministres nigérian et nigérien ont fait part de la détermination de leurs pays dans la réalisation du projet: Ekperikpe Ekpo, en réaffirmant l’engagement total du Nigeria à approvisionner le pipeline en gaz naturel, et Hamadou Tini, en assurant que le Niger avait entamé les préparatifs pour la réalisation de son tronçon (plus de 700 km) dont le lancement des travaux est prévu pour le début de l’année 2027. Il s’agit de bâtir un partenariat énergétique africain exemplaire, fondé sur l’intégration, la solidarité et les intérêts mutuels. Pour rappel, le TSGP est l’un des plus grands projets énergétiques structurants en Afrique, inscrit dans le cadre du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD). Son but : constituer un véritable levier pour l’investissement, le développement, la création d’emplois, le renforcement de la sécurité énergétique et l’intégration économique entre les pays africains.

Le rôle central du tronçon algérien
Quand il sera terminé, le TSGP, long de plus de 4.000 km, transportera entre 20 et 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an du Nigeria vers l’Algérie, en passant par le Niger, pour l’exporter ensuite vers l’Europe et d’autres marchés internationaux, en s’appuyant sur les infrastructures de pointe dont dispose l’Algérie en matière de transport, de traitement et d’exportation de gaz naturel. Dans cette infrastructure énergétique continentale, un rôle central est attendu du tronçon algérien, comme l’a souligné Mohamed Arkab : réception et acheminement du gaz provenant du Nigéria, et valorisation de quantités supplémentaires du gaz produites localement, particulièrement à partir des bassins gaziers prometteurs notamment celui d’Ahanat.

Les avis d’experts en énergie
Pour l’expert en énergie Boudjema Hamada, doyen de la faculté des hydrocarbures et de chimie de Boumerdès, le TSPG favorisera l’accès à l’énergie ainsi que l’essor de la pétrochimie, de la production d’engrais et de la génération électrique dans les pays traversés, il générera des milliers d’emplois dans les secteurs de la construction, de la maintenance et des services, et contribuera au développement de centrales électriques, d’industries manufacturières, de complexes pétrochimiques et d’unités de production d’engrais. L’expert en énergie Tewfik Hasni est convaincu que le TSGP contribuera à renforcer la position géostratégique de l’Algérie en tant que trait d’union entre les pays du Maghreb, du Sahel et la rive sud de l’Europe. Il a évoqué les retombées de ce projet sur un très large espace économique reliant l’Europe méridionale, le Maghreb et le Sahel. La réalisation et l’exploitation du TSGP exigeront, a-t-il insisté, d’importants investissements, notamment dans les réseaux de transport, les routes, les liaisons ferroviaires, les systèmes de communication et les infrastructures énergétiques, ainsi que le développement des compétences humaines et la formation de ressources qualifiées indispensables.
M’hamed Rebah

Article précédentDÉCHÉANCE DE NATIONALITÉ : Un outil juridique pour excommunier les traîtres à la patrie