Abdlmalek

LA FRANCE ANNONCE AVOIR ÉLIMINÉ ABDELMALEK DROUKDEL : Un succès pour « Bakhane » ?

La mort de ce terroriste notoire, et mondialement recherché, rebat les cartes régionales de la lutte contre ce fléau. Un imperceptible déplacement vers l’Est, en Libye, semble en train de s’opérer. Sans doute depuis la mort d’Abou Zeïd, et les photos spectaculaires qui en avaient résulté au plus fort de l’opération Serval, menée par la France au Mali, Paris n’a jamais eu meilleure raison de jubiler et de crier victoire dans sa hasardeuse et aveugle lutte contre le terrorisme, menée tambour battant dans toute la vaste bande sahélo-saharienne. À en croire une laconique annonce faite ce vendredi par la ministre de la Défense elle-même, Florence Parly, sur son compte Tweeter, l’insaisissable Abdelmalek Droukdel, alias Abou Moussaâb Abdelwadoud, aurait été abattu au nord du Mali, en compagnie de plusieurs de ses lieutenants. Pour Paris, donc, il est carrément question de « la neutralisation de l’émir d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et de plusieurs de ses proches collaborateurs». L’ironie du sort l’aura donc voulu ainsi. Abdelmalek Droukdel aurait pu périr cent fois dans le maquis algérien, entre les hauteurs forestières impénétrables de l’Akfadou, où il s’était établi près d’une décennie à partir du début des années 2000, et les monts de Tebessa, à la frontière tunisienne. C’est de là, en Algérie, que, depuis plus d’un quart de siècle il avait gravi tous les échelons du djihadisme régional. Il est mort finalement bien plus au sud, dans le nord du Mali, pays devenu, depuis, le principal théâtre de cette guerre qu’il menait au nom d’Al-Qaïda. L’émir d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) a été tué, mercredi 3 juin, par les forces armées françaises, a annoncé, vendredi soir 5 juin, la ministre des Armées, Florence Parly. « Un succès majeur », selon elle. Abdelmalek Droukdel était accompagné d’un « petit groupe d’hommes» lorsqu’il a été « neutralisé » par les forces spéciales françaises. Son corps a été « formellement identifié », selon le colonel Frédéric Barbry, porte-parole de l’état-major. L’action s’est déroulée au nord de l’Adrar des Ifoghas, à 80 km à l’est de Tessalit, et a été réalisée par un module d’intervention composé d’hélicoptères et de troupes au sol». Cette mort, compte-tenu du fait que Droukdel occupait également un poste de choix dans la haute hiérarchie d’Al-Qaïda, l’organisation terroriste de Benladen, vient redistribuer les cartes de la lutte contre ce fléau aussi bien dans la bande sahélo-saharienne, que plus à l’Est, vers la Libye, le Yémen et le golfe d’Aden, et même l’Afghanistan et le Pakistan. La France, qui avait eu tendance à patiner très sérieusement dans sa « guerre locale » contre le terrorisme, peut désormais se targuer d’avoir accompli un « haut fait d’arme » qui lui permettrait, le cas échéant, de forcer la main à ses « partenaires » du G5 Sahel de maintenir sa présence militaire dans cette région, et même de pousser un peu plus vers l’Est libyen, mais aussi partout où se trouvent des puits de pétrole exploitables, tout en veillant à encercler l’Algérie, pour qui la lutte antiterroriste n’a jamais été un prétexte pour piller les richesses d’autres pays, et s’ingérer dans leurs affaires internes et souveraines…
Kamel Zaïdi