La démocratie doit prévaloir dans la course au pouvoir : Bouteflika rappelle «le devoir de tout un chacun»

Dans une lettre adressée à la Nation à l’occasion de la fête de la Victoire, proclamée au lendemain de la signature des accords d’Evian du 18 mars 1962, mettant fin à la Guerre pour l’Indépendance du pays, le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a décoché des messages qui méritent une attention particulière.

Au volet politique, dont il est question surtout, le chef de l’État s’est attardé sur le processus démocratique en maturation dans le pays avec tout ce qu’il charrie comme État de droit, justice sociale, droits de l’Homme, mais surtout dans sa dimension électorale comme point focal abordé en la circonstance. «La scène politique doit connaître une diversité, une confrontation de programmes et une course au pouvoir. Cependant il est du devoir de tout un chacun de contribuer à ce mouvement démocratique pluraliste en plaçant l’Algérie et les intérêts suprêmes de son peuple au dessus de toute autre considération», a indiqué Bouteflika dans un message lu en son nom par le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, hier depuis la wilaya de Naâma. En termes claire, les règles démocratiques dans le pays voudraient qu’elles soient respectées par tout un chacun qui aspire à la responsabilité politique parmi les acteurs de partis les plus en vue à l’horizon. Aussi, une contre-lecture sur le revers de la médaille donne lieu à un appel au respect des «lignes rouges» à ne pas franchir, par tout prétendant à la haute magistrature, au nom de la sacro-règle de l’intérêt et de la souveraineté du pays, comme employé par le chef de l’État. À un peu plus d’une année des élections présidentielles en effet, on ne peut ne pas assimiler le message du chef de l’État au plus important rendez-vous qui pointe en 2019. De surcroît, au moment où tous les signes d’une précampagne sont là et n’attendent que le signal pour voir entrer sur scène les acteurs parmi les plus ambitieux aux présidentielles. Cependant, et jusqu’à l’heure actuelle, l’on ne voit rien venir, hormis le FLN, dont la position de leader dans le jeu politique lui a permis une expression plus ou moins atténuée sur la question. D’ailleurs, il n’y a qu’à se référer au réquisitoire du chef en poste, Djamel Ould Abbès, contre les partisans -issus de son parti d’une prétendue campagne en faveur d’un cinquième mandat pour Bouteflika, pour comprendre la stratégie, empreinte de tact, avec laquelle le FLN s’est pré-engagé dans l’élection présidentielle. Pour d’autres partis, le RND, à travers les récentes sorties de son porte-parole, Seddik Chihab, le soutien au président de la République en demeure l’unique réplique à chaque fois que la question porte sur l’ambition du ténor du parti, Ahmed Ouyahia. C’est là une position partagée du reste par toutes les formations politiques de l’allégeance présidentielle, même si l’approche diffère d’une partie à une autre. Quant à l’opposition, les partis qui se réclament de ce camp n’arrivent toujours pas à sortir de leur torpeur. Une position qui peut s’expliquer par les divergences qui minent ses rangs en l’absence d’un projet concerté commun susceptible de constituer un camp en bonne et due forme. Au volet social de son message, le chef de l’État estime «nécessaire que notre société continue à promouvoir la culture des droits et des libertés et la préservation de ses intérêts collectifs et suprêmes». Autrement, une allusion faite aux actions de protestation qui meuvent l’actualité nationale qu’il est utile de souligner. Enfin, au plan économie, conjoncture oblige, Bouteflika dit être convaincu que le pays finira par s’affranchir de la crise qui cristallise son économie depuis l’été 2014. «Notre pays est capable de sortir, indemne et victorieux, de nos difficultés financières actuelles et conjoncturelles», a-t-il assuré.
Farid Guellil