Plusieurs militants internationaux ayant participé à la “Caravane maritime de la résistance” affirment avoir subi des violences et des mauvais traitements après l’interception de leurs navires par les forces sionistes en mer, alors qu’ils tentaient de se rendre vers la bande de Ghaza.
Le premier groupe de participants rapatriés est arrivé jeudi à l’aéroport d’Istanbul, après leur expulsion des territoires palestiniens occupés. Selon leurs témoignages, les navires auraient été interceptés en eaux internationales par la marine israélienne, dans le cadre d’une opération visant à empêcher leur progression vers Ghaza, soumis depuis plusieurs années à un strict blocus. Parmi les militants de retour figure le Belge Julien Cabral, apparu avec des traces visibles de blessures, notamment un hématome autour de l’œil et des lésions à la tête et à l’épaule. Il explique avoir embarqué sur un petit bateau parti de Turquie avec d’autres militants de diverses nationalités.
Le navire intercepté à plus de 500 km des côtes
Selon son témoignage, les forces navales sionistes auraient intercepté le navire à plus de 500 kilomètres des côtes palestiniennes. Il affirme que les communications auraient été coupées avant l’assaut, suivi — selon lui — de tirs de balles en caoutchouc, alors que les militants auraient levé les mains sans opposer de résistance. Les passagers auraient ensuite été ligotés et transférés de manière “violente” vers un navire de détention, où ils auraient été placés dans des conteneurs. Plusieurs militants disent avoir été privés de soins médicaux malgré la présence de blessures et de fractures parmi les détenus. Ils évoquent également un manque d’eau, de nourriture et de produits d’hygiène, ainsi que des insultes et des pressions physiques lors des transferts vers les centres de détention en territoires occupés.
Des images qui choquent l’opinion mondiale
Ces expulsions interviennent peu après la diffusion d’une vidéo par le ministre sioniste de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, montrant les militants en détention. Cette publication a suscité de vives réactions et des critiques diplomatiques dans plusieurs pays. Le militant belge affirme de son côté qu’il retournera en Belgique après des examens médicaux, tout en déclarant vouloir participer à de futures initiatives visant à “briser le blocus de Ghaza”. Un autre militant, le Turc Bilal Kitay, a pour sa part déclaré que les forces israéliennes auraient agi avec une intensité supérieure à une précédente opération en avril, affirmant que “tous les participants ont été battus” lors de l’interception.
Selon les organisateurs, la marine israélienne a également saisi une autre caravane maritime en provenance de Turquie en début de semaine, dans le cadre d’opérations visant des navires se dirigeant vers Ghaza. Ces événements ont relancé le débat international autour des actions menées en mer par Israël pour empêcher l’arrivée de convois humanitaires vers l’enclave palestinienne, régulièrement qualifiées de “caravanes de solidarité” par leurs organisateurs.
Une opération de “piraterie maritime”
La présidence palestinienne a fermement condamné ce qu’elle a qualifié de “crime” commis par le ministre dit de la Sécurité nationale au sein de l’entité sioniste, ainsi que l’interception et la saisie par les forces d’occupation des navires de la “caravane maritime de la Résistance mondiale” dans les eaux internationales. Elle a également dénoncé les agressions et les mauvais traitements infligés aux militants arabes et internationaux participant à cette initiative humanitaire visant à briser le blocus imposé à la bande de Ghaza. Selon l’agence de presse palestinienne (WAFA), la présidence a estimé que l’interception des navires en haute mer constitue un acte illégal relevant de la piraterie maritime, ainsi qu’une violation flagrante du droit international et du droit international humanitaire. Elle considère également cet acte comme une atteinte grave à la liberté de navigation et aux actions humanitaires et de solidarité internationales. La présidence a exprimé sa “profonde indignation” face aux images montrant le ministre israélien extrémiste à l’intérieur du port occupé d’Ashdod, entouré de ses gardes, dans une visite qualifiée de provocatrice et de mise en scène, alors que les militants étaient menottés et allongés au sol après leur arrestation. Elle a également dénoncé les humiliations, mauvais traitements et insultes subis par plusieurs d’entre eux, en violation manifeste des valeurs humaines et des normes internationales. Elle a par ailleurs condamné les déclarations jugées incitatives du ministre sioniste, qui s’est vanté de la détention des militants et a appelé à prolonger leur incarcération, estimant que ces propos reflètent, selon elle, une “mentalité raciste et extrémiste” qui guide les politiques de l’entité sioniste et traduit sa volonté de poursuivre ses violations contre le peuple palestinien et ses soutiens internationaux. La présidence palestinienne a salué le courage des participants à la “caravane maritime de la Résistance mondiale”, les décrivant comme “la conscience vivante de l’humanité libre”, et a rendu hommage à leurs positions humanitaires et morales. Elle a affirmé que ces actes de répression ne décourageront pas les défenseurs de la cause palestinienne à travers le monde.
Enfin, elle a appelé la communauté internationale, les Nations unies et l’ensemble des États à assumer leurs responsabilités juridiques et humanitaires envers le peuple palestinien, à œuvrer pour la levée du blocus de Ghaza, et à mettre fin aux attaques continues contre le peuple, ses terres et ses lieux saints. Elle a également exhorté à faire pression sur l’entité sioniste afin qu’elle cesse ses violations du droit international et garantisse la protection des militants internationaux, leur permettant de poursuivre leur rôle de soutien à la résilience du peuple palestinien, jusqu’à la fin de l’occupation et la concrétisation de l’indépendance de l’État de Palestine avec El-Qods comme capitale.
M. Seghilani













































