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ILS REFUSENT D’APPLIQUER LES DIRECTIVES DE LA TUTELLE : L’incompréhensible attitude des directeurs de lycées

Le Conseil national des directeurs de lycées a fait part de sa décision de ne pas se conformer aux dernières directives du ministère de l’Éducation nationale et des directions de l’éducation, traduites dans des circulaires adressées à l’ensemble des établissements scolaires. Dans un communiqué redu public, hier, les directeurs de lycées ont justifié leur position par le fait d’avoir été chargés d’effectuer un travail concernant la fin de l’année scolaire qui ne relèverait pas de leurs responsabilités. Qualifiant le contenu des circulaires dont ils ont été destinataires de «non étudié», le conseil a appelé l’ensemble de ses adhérents à s’occuper uniquement des missions et des prorogatives qui leur sont fixées. Dans son communiqué, le conseil écrit en effet avoir été «surpris au cours de cette période sensible caractérisée par la propagation de la pandémie du Covid-19 et l’augmentation du nombre de cas de contamination à travers le pays, par des circulaires qui obligent les directeurs de lycées à effectuer un travail qui relève pourtant de la responsabilité des différents conseils, ou de fonctionnaires confinés dans le cadre des mesures sanitaires prises depuis plus de deux mois ».
La même source a tenté d’expliquer, à titre d’exemple, que la préparation des listes des élèves admis, des recalés ou de ceux orientés vers des centres de formation professionnelle nécessite la tenue de conseils de classes à la fin de l’année. Ces conseils étant impossible à organiser en raison de la situation sanitaire actuelle, le Conseil national des directeurs de lycées refuse d’assumer cette responsabilité en dehors d’un «cadre réglementaire », tout en soulignant que cela sera possible une fois le retour à la normale. Sur un autre volet, la même organisation a déploré son exclusion des rencontres ayant regroupé les responsables du ministère de l’Éducation avec les associations de parents d’élèves et les sydnicats du secteur pour étudier toutes les propositions concernant l’organisation de la fin de l’année scolaire, notamment des examens officiels. Selon le conseil, des décisions «non étudiées» ont été prises au cours de ces rencontres dont les répercussions pourraient être négatives administrativement et pédagogiquement. Par ailleurs, il y a lieu de relever que le refus de ces directeurs de se conformer aux directives de leur tutelle signifie qu’ils ne prennent pas en compte la situation exceptionnelle que traverse le pays, sachant que les conseils de classes peuvent tout à fait a voir lieu à travers les visioconférences ou le télétravail. À souligner aussi que les moyennes trimestrielles des élèves sont disponibles sur la plateforme numérique du ministère, ce qui peut faciliter le travail que les directeurs ont été chargés d’effectuer, et qui veut dire que la présence de l’enseignant peut très bien être compensée. À se demander donc quelle sera la réaction du ministère face à cette désobéissance injustifiée ? Et surtout comment va être organisés cette fin d’année si les directeurs de lycées campent sur leurs positions ?
Ania Nait Chalal