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Il y a 64 ans, le groupe des 22 se réunissait à El Madania, Alger : Un certain 27 juin 1954

Ils étaient une poignée de jeunes algériens, aguerris et formés aux conditions de la lutte clandestine, ayant été membres de l’Organisation spéciale (OS), à s’être rendus au rendez-vous, d’El Madania, en ce jour, du 27 juin 1954, convaincus que le moment historique était venu, pour que le peuple algérien prenne son destin en main.

Pour ces valeureux jeunes militants, l’heure de la révolution armée contre le système colonial français, en Algérie, a bel et bien sonné et la décision a été prise, en ce jour, par les présents, à ce conclave, le plus âgé d’entre eux, ne dépassait pas les 35 ans et le plus jeune, lui, avait à peine vingt-cinq ans. Ils s’appelaient, Belouizdad, BEN BOULAID Mustapha, BENABDELMALEK Ramdane, BENAOUDA Amar, BENM’HIDI Larbi, BENTOBBAL Lakhdar, BITAT Rabah, BOUADJADJ Zoubir, BOUALI Said , BOUCHAIB Ahmed, BOUDIAF Mohamed, BADJI Mokhtar, BOUSSOUF Abdelhafid, DERRICHE Eliès, DIDOUCHE Mourad, HABACHI Abdesslam, LAMOUDI Abdelkader, MECHATI Mohamed, MELLAH Rachid, MERZOUGUI Mohamed, SOUIDANI Boudjemâa, ZIGHOUD Youcef. Des noms gravés dans l’Histoire de l’Algérie, mais aussi du Maghreb, de l’Afrique et le monde, du fait que ces jeunes algériens, par leur décision de faire ébranler le colonialisme en Algérie, par la lutte armée, celle-ci a inspiré d’autres peuples à travers le monde, emprunter la même voie, celle du combat libérateur, contre le colonisateur. Saisissant que ce qui a été pris par la force ne peut être repris que par la force, en se réunissant, dans la maison de DERRICHE Eliès, à El Madania, ex-Salembier, cette petite rencontre a révélé sa grandeur, par les décisions importantes et pertinentes prises, en ce 27 juin de l’année 54, au moment, faut-il le souligner, où le mouvement nationaliste algérien, était secoué par une crise, et que le conclave de ces 22 jeunes révolutionnaires a permis au peuple algérien d’aller sur la voie, qui lui garantira, sans aucun doute, d’atteindre sa liberté et son indépendance. Mettant ainsi fin, aux tergiversations des responsables du système colonial français, lesquels, dix ans auparavant, avaient commis des massacres contre des milliers d’algériens, femmes, enfants et hommes, sortis, en 1945, manifester pacifiquement pour leur indépendance. Sur cette réunion historique des 22, le défunt Mohamed Mechati, présent à ce rendez-vous, avait déclaré, novembre 2004, que «le but de Boudiaf et du groupe était de déclencher la Révolution par la lutte armée. Pour cela, il fallait faire quelque chose qui ne s’était jamais produite auparavant.» Depuis 1830 (date de l’occupation française de l’Algérie :Ndlr), a-t-il poursuivi «il y avait des révoltes qui étaient réprimées dans le sang». Et c’est cette leçon première qui a été retenu par les 22 réunis, à El Madania Ex-Salembier pour prendre, tous ensemble, la décision qu’il n’y a que la Révolution armée du peuple pour ébranler le système colonial français, et c’est ce qui fut, après quatre mois, avec son déclenchement le 1er Novembre 1954, et que sept ans après des sacrifices consentis, l’emblème national, brandi en mai 1945, est hissé librement vers le ciel d’Algérie. Des noms, des parcours, des histoires de vies de valeureux militants, que la mémoire collective garde soigneusement, en mémoire, pour que nul n’oublie ces 22 jeunes hommes, Mellah, Boudiaf, Zighoud, Mechati, Benboulaid, Souidani, Belouizdad et les autres, qui ont été le fruit du mouvement national algérien, et ont su, au moment opportun, prendre la décision politique, autant qu’historique, qu’il fallait, par laquelle il a été mis fin au règne colonial érigé, plus de cent ans en Algérie, par la France.
Karima Bennour