medecin4

Après la réinstauration de l’activité complémentaire par le ministère de la Santé : Le SNECHU emboîte le pas au CAMRA, et met fin à sa grève

Les enseignants chercheurs hospitalo-universitaires cessent leur mouvement de grève nationale entamée depuis le 29 avril dernier après la satisfaction de leur principale revendication par le ministère de la Santé portant sur l’activité complémentaire.

Emboîtant le pas au Collectif des médecins résidents (CAMRA) qui a mis fin récemment à 8 mois de grève, le syndicat national des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires (SNECHU) décide ainsi de reprendre les activités pédagogiques qu’il a boycottées pendant plus d’un mois, alors que les activités de soins n’ont pas été touchées par la grève. «Le Conseil national du SNECHU, réuni – le 19 juin dernier en session extraordinaire, a entériné la décision du gel de la grève des activités pédagogiques telle que proposée par les différentes assemblées à l’échelle nationale», a-t-il annoncé dans un communiqué parvenu hier à notre rédaction. Une commission interministérielle – ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur – se penche sur les revendications des hospitalo-universitaires, dont la très controversée : l’activité complémentaire effectuée dans le secteur privé. Pour rassurer et calmer les appréhensions des autorités publiques ainsi que des patients quant au spectre de voir les hôpitaux publics vidés des spécialistes suite à la réinstauration de l’activité complémentaire dans la nouvelle loi sur la Santé, le SNECHU a proposé à la tutelle son organisation dans un cadre réglementé lors des week-ends et congés nationaux afin que le corps médical « ne déserte pas les services pour aller exercer cette activité dans le secteur privé au détriment du secteur public». Le SNECHU avait décidé, le 6 juin dernier, d’un gel partiel de sa grève dans trois wilayas : Alger, Blida et Tizi-Ouzou. Des wilayas qui concentrent, en fait, 52 % des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires des dix facultés de médecine du Nord du pays, soit quelque 4 200 enseignants. Ouahiba Ouahioune, présidente du SNECHU, avait précisé, lors d’une conférence de presse, animée en compagnie des représentants syndicaux de ces trois facultés, à l’issue d’une assemblée générale, qu’il a été décidé «le gel de la grève, entamée depuis plus d’un mois, et la reprise des cours et des examens en attendant la tenue d’assemblées générales dans les autres facultés à travers le pays pour trancher cette question». Elle a ajouté que «les enseignants hospitalo-universitaires ont fait prévaloir la sagesse et ont décidé la reprise des cours et des examens jusqu’au 5 juillet prochain, date de la fin de l’année universitaire», en attendant les résultats de la Commission mise en place par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique en coordination avec le ministère de la Santé pour l’examen des revendications de ce corps. Chose faite cette semaine, à en croire toujours Ouahiba Ouahioune dans son communiqué d’hier, qui s’en réjouit que «le SNECHU est très satisfait des déclarations du MSPRS sur le dégel de l’exercice de l’activité lucrative qui a été une des principales revendications de notre plateforme». «C’est un acquis de notre syndicat et nous nous en félicitons», a-t-elle ajouté. «La décision de gel de la grève des activités pédagogiques a été prise après l’installation officielle de la commission technique interministérielle chargée du suivi et de la prise en charge des revendications des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires le 3 juin 2018. Un échéancier avec calendrier des réunions de travail a été établi lors de la réunion du 12 juin 2018», est-il souligné dans le même communiqué. Toutefois, «Les résultats de ces négociations seront transmis à nos adhérents au mois de septembre 2018 pour décider de la stratégie à entreprendre», annonce-t-on encore. Pour cela, 5 sous-commissions ont été installées par les ministères de tutelle pour suivre la prise en charge des revendications des hospitalo-universitaires : rétribution hospitalière, retraite, sciences fondamentales, révision du statut et suivi des textes d’application de l’activité lucrative. «Elle sont constituées des membres des différents bureaux. Les travaux déjà entamés, elles seront présentées à la commission technique interministérielle en respectant le calendrier établi», a souligné la présidente du SNECHU, qui n’a pas omis de saluer «la maturité des étudiants en sciences médicales pour leur compréhension et soutien à notre mouvement de protestation».
Hamid Mecheri