Hollande à l’inauguration du Musée national de l’histoire de l’immigration

«L’immigration fut à la fois le produit de nos propres nécessités et de nos propres besoins, j’entends par la ceux de la France». Cette phrase est celle du président de la République française, François Hollande, prononcée hier à l’inauguration du Musée national de l’histoire de l’immigration à Paris. Le président Hollande a rendu, à cette occasion, un hommage posthume aux immigrés ayant contribué à la construction et au progrès de la France. Il a rappelé la dimension de la France qu’il considère comme étant le plus vieux pays d’immigration d’Europe et «les Français doivent en être fiers». Le discours du président français, devant les députés de la nation, des historiens et représentants d’associations de défense des droits de l’homme est empreint d’optimisme face à la propagation des idées de l’extrême droite, accusant l’immigration d’être la cause de tous les maux de la France. S’appuyant sur des statistiques, François Hollande a estimé que la main-d’œuvre d’origine étrangère a contribué, au bout de trente ans, à construire un logement sur deux, une machine sur 7 et 90% des autoroutes en France. La crise des années 70, a-t-il enchaîné, n’a pas tari le flux d’immigration. Les entreprises ont continué à recruter la main-d’œuvre étrangère dans des postes d’emploi que les Français refusaient d’occuper.

180 000 Algériens ont été mobilisés durant la Première Guerre mondiale
Le président Hollande a considéré comme un droit pour les populations issues des ex-colonies de la France ayant participé au coté des troupes françaises pendant les deux guerres mondiales de venir s’installer et travailler dans l’hexagone. Une sorte de reconnaissance de la France pour le sacrifice de ces populations. Parmi les populations ayant pris part à la Première Guerre mondiale (14-18 ndlr), les Algériens occupaient le peloton de la liste avec 180 000 personnes mobilisées. Les Tunisiens arrivent à la seconde place avec 60 000 personnes mobilisées, 37 000 Marocains, 134 000 soldats d’Afrique noire et 4 000 Malgaches. Cette force constituait aux yeux du président français, un empire qui était venu «sauver la France». François Hollande s’est interrogé sur le comment aujourd’hui la France puisse oublier le sacrifice de toutes ces populations. Un oubli qu’il a assimilé à l’ingratitude de la nation française envers les immigrés qui l’ont servi. L’inauguration du Musée national de l’histoire de l’immigration est considérée par le président Hollande comme une «grande réussite», car il évoquera toutes les mémoires de l’immigration. Il a rendu hommage aux enfants des immigrés qui ont honoré la France dans des domaines qui paraissaient les plus inaccessibles, citant au passage Marie-Curie dont le nom de jeune fille est Marie Sk lodowska, d’origine polonaise. Les immigrés et leurs enfants ont fait la fierté de la France, en la rayonnant dans plusieurs domaines, scientifique, littéraire…et artistique. Le Musée national de l’histoire de l’immigration se veut une reconnaissance de la République et de la nation française envers cette immigration qui a contribué grandement au développement et au rayonnement de la France. Toutefois, le président Hollande a reconnu que la présence des étrangers en France a «toujours suscité de l’inquiétude, de la peur et l’incompréhension chez les Français». Il a condamné l’exploitation de la question migratoire par certains démagogues pour attiser les craintes et les inquiétudes des Français envers les immigrés. À cet effet, il a rappelé la tragédie vécue par les travailleurs italiens de la Compagnie des Salins du Midi, qui furent massacrés par des villageois et des ouvriers français en août 1893. Dans son regard porté sur l’immigration, François Hollande a reconnu l’échec de la politique scolaire dans certains quartiers, tout comme, il a critiqué les carences des politiques d’intégrations françaises, notamment les politiques d’accès à l’emploi et à la formation. François Hollande s’est montré intolérant vis-vis de tout acte portant atteinte à l’intégrité physique, morale ou religieuse des immigrés. «La France ne peut tolérer qu’un citoyen soit agressé pour sa religion, sa couleur de peau et/ou pour ses origines», a-t-il dit à ce sujet. Rien ne sera impuni a-t-il menacé.
Hacène Nait Amara

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