Au terme d’une finale haletante disputée dans une atmosphère électrique au Caire, samedi soir l’USM Alger a remporté l’édition 2026 de la Coupe de la Confédération africaine en venant à bout du Zamalek SC aux tirs au but (8-7).
Un sacre arraché au mental, qui confirme la montée en puissance du club algérois sur la scène continentale. La mission s’annonçait délicate pour les Rouge et Noir. Devant un stade olympique du Caire acquis presque entièrement à la cause du Zamalek, les Algérois savaient qu’ils devraient faire preuve de caractère pour préserver leurs chances de sacre africain. Et le scénario du match n’a rien fait pour les rassurer. Dès les premières minutes, l’arbitre désignait le point de penalty après une intervention jugée irrégulière dans la surface usmiste. L’attaquant palestinien Oday Debbagh transformait la sentence avec sang-froid, relançant totalement la confrontation et installant immédiatement une forte pression sur les épaules algéroises. Loin de céder à la panique, l’USMA a progressivement retrouvé ses repères. Compacte dans son organisation défensive et disciplinée dans le repli, l’équipe dirigée par Lamine Ndiaye a refusé de subir le rythme imposé par les Égyptiens. Les milieux algérois ont commencé à mieux gérer la possession, permettant aux visiteurs de respirer et d’installer leur jeu. Au fil des minutes, les occasions usmistes se multipliaient. Ahmed Khaldi, très remuant entre les lignes, s’est illustré à plusieurs reprises par des frappes dangereuses à l’entrée de la surface. Dehiri tentait sa chance sur coup franc, tandis que les transitions rapides faisaient vaciller la défense du Zamalek. Malgré ces temps forts, la réussite fuyait les Algérois, laissant le suspense entier.
La seconde période confirmait l’évolution du rapport de force. Plus sereins, les Rouge et Noir prenaient davantage l’initiative. Le Zamalek, lui, reculait progressivement, cherchant essentiellement la faille en contre-attaque. Oussama Benbot se montrait décisif sur une rare occasion égyptienne, maintenant son équipe dans la course. Les minutes s’égrenaient, la tension montait et chaque duel prenait des allures décisives. Ni les offensives algéroises ni les tentatives égyptiennes ne parvenaient à modifier le score. Au coup de sifflet final, les deux formations restaient dos à dos sur l’ensemble des deux rencontres, condamnant la finale à l’épreuve la plus cruelle : la séance des tirs au but.
Le moment des hommes forts
Dans cet exercice impitoyable, l’USM Alger a démontré une impressionnante maturité. Draoui ouvrait la série avec assurance, rapidement imité par Khaldi, Radouani, Benayad, Loucif, Chetti puis Dehiri. Chaque tentative était exécutée avec calme et précision, illustrant la préparation mentale d’un groupe désormais habitué aux grands rendez-vous africains. Face à eux, les tireurs du Zamalek répondaient coup pour coup, maintenant un suspense insoutenable. Mais au huitième tir, le capitaine égyptien Mohamed Shehata envoyait sa tentative hors cadre. Quelques secondes plus tard, Likonza transformait le penalty décisif, libérant tout un club et scellant définitivement le destin de cette finale. L’USMA remportait ainsi la séance (8-7) et décrochait la Coupe de la Confédération africaine 2026, son deuxième sacre dans l’épreuve après celui de 2023.
Alger en liesse populaire
À des milliers de kilomètres du Caire, la capitale algérienne s’est instantanément transformée en immense scène de célébration. Dès la fin de la rencontre, les rues d’Alger ont été envahies par des cortèges de supporters brandissant drapeaux rouge et noir, scandant les noms des héros de la soirée. De Soustara à Bab El Oued, les klaxons, chants et feux d’artifice ont accompagné une nuit de fête mémorable.
Les balcons résonnaient de youyous tandis que familles et jeunes supporters partageaient une joie collective rarement égalée. Ce nouvel exploit continental dépasse le simple cadre sportif. Il symbolise l’attachement populaire à un club devenu l’un des ambassadeurs majeurs du football algérien sur la scène africaine.
Reconnaissance officielle et fierté nationale
Le sacre usmiste a rapidement suscité des réactions au plus haut niveau de l’État. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a adressé ses félicitations au club algérois, saluant une victoire qui « honore l’Algérie et confirme la place du football national parmi les grandes nations africaines».
Le président de l’Assemblée populaire nationale, Ibrahim Boughali, a lui aussi rendu hommage aux joueurs, au staff et aux supporters pour leur contribution à ce succès continental, qualifié de source de fierté pour tout le pays. De son côté, le président du Conseil de la nation, Azouz Nasri, a mis en avant l’esprit de détermination et la persévérance démontrés par les représentants algériens, encourageant les clubs nationaux à poursuivre leurs ambitions sur la scène internationale.
Une saison déjà historique
Ce triomphe africain vient couronner une saison exceptionnelle pour l’USM Alger. Quelques semaines auparavant, les Rouge et Noir avaient déjà remporté la Coupe d’Algérie face au CR Belouizdad, réalisant ainsi un doublé prestigieux. Au-delà des trophées, c’est la constance affichée tout au long de la campagne africaine qui impressionne. Organisation tactique rigoureuse, solidarité collective et capacité à gérer la pression des grands matchs ont constitué les fondations de ce succès. Avec deux titres continentaux en trois ans, l’USMA confirme son installation durable parmi les références du football africain moderne. Le club algérois ne se contente plus de participer : il vise désormais systématiquement les sommets.
Au cœur du Caire bouillonnant, l’USM Alger a écrit une nouvelle page de son histoire. Une victoire construite avec patience, courage et sang-froid, qui rappelle qu’en Afrique, les grandes conquêtes appartiennent toujours aux équipes capables de croire jusqu’au dernier tir.
Mohamed Amine Toumiat















































