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Éducation nationale : Un manque flagrant d’encadrement dans les établissements

Comme exprimé à la veille de la rentrée scolaire, les inquiétudes et les appréhensions d’une année scolaire difficile sont entrains de se confirmer.

À quelques jours seulement de la reprise des classes, le manque d’encadrement engendre de grandes difficultés pour assurer les cours aux élèves. Les chefs d’établissements et les enseignants ont du mal à s’organiser tant la charge qui pèse sur eux est importante, en raison du déficit en nombre du personnel enseignant. La décision du ministère de l’Éducation de geler le recrutement externe pour cette année n’est pas sans conséquences. Le déficit d’encadrement auquel fait face le secteur semble ne pas avoir été résolu à temps ce qui a donné suite à une anarchie qui semble régner dans des établissements des trois paliers, qui ne savent plus comment gérer le programme des cours avec une poignée d’enseignants. En effet, ce problème a poussé les établissements à élaborer différents plannings notamment dans le moyen et le secondaire pour pouvoir assurer les cours aux élèves. Si certains ont opté pour l’enseignement d’un jour sur deux, d’autres n’ont eu le choix que de procéder à un programme d’enseignement d’un jour sur trois. Des rapports établis dans ce sens ont révélé que dans certaines régions du pays, des élèves ne sont partis qu’une seule fois à l’école depuis le 21 septembre, date marquant la rentrée scolaire. S’exprimant à ce propos, le secrétaire général du SATEF, Boualem Amoura, a qualifié la rentrée scolaire 2021/2022 de « difficile », soulignant que les problèmes qui s’étaient posés l’année précédente sont les mêmes cette année. Selon Amoura, outre le déficit d’enseignants, des chefs d’établissements font face à des manquements de matériel n’ayant pas permis l’application des mesures de prévention contre le Covid-19. Il a cité à ce propos, l’insuffisance de tables et de chaises, au moment ou le protocole exige un élève pour une table afin de respecter le principe de la distanciation physique. Aussi il a fait état du problème lié à la restauration scolaire. Selon la même source, les cantines n’ont pu être fonctionnelles dans la majorité des établissements en raison de la crise de l’eau. Sur le plan pédagogique, le SG du SATEF a affirmé que la vacance des postes d’enseignants dans le secteur de l’éducation est importante, relevant que la décision de la tutelle de ne pas organiser de concours de recrutement a aggravé la situation. Il a fait savoir à ce propos que dans certaines écoles, l’on recense pour une matière un seul enseignant titulaire sur cinq, alors que les autres sont des contractuels. D’autre part, et en raison du contexte particulier marqué par la pandémie ayant impliqué des plans exceptionnels de l’enseignement, Amoura prévoit à ce que le total des jours d’enseignement ne dépasse pas les 80 jours, surtout, a-t-il rappelé, qu’il a été décidé d’aller sur trois trimestres ainsi que trois compositions trimestrielles. À noter que de nombreux syndicats avaient appelé à la nécessité de l’ouverture de nouveaux postes budgétaires, avant la rentrée des classes de sorte à alléger la pression qui pèse sur les enseignants. Des risques de perturbations et de contestations n’ont pas été écartés si le problème ne venait pas à être résolu rapidement.
Ania Nait Chalal