Ben Barka

DU MEURTRE DE BEN BARKA À L’ANCIEN GÉNÉRAL, MORT RÉCEMMENT, LE CORPS MUTILÉ : Le Makhzen et les assassinats ciblés

Le système Makhzen est basé sur la peur qu’il rend diffuse pour toucher l’ensemble de la société marocaine. Implanté dans toutes les strates de l’administration et les arcanes du palais royal, il s’est imposé, depuis sa création durant le règne de Mohamed V, comme principal soutien de la famille royale dans son hégémonie sur le peuple.

D’ailleurs, certaines sources ne s’empêchent pas d’affirmer que les deux tentatives de coup d’état pour déposer le roi Hassen II et installer une république durant les années soixante-dix, ont été mises en échec grâce à l’entrée en jeu du Makhzen qui avait réussi à infiltrer les rangs des mutins qui avaient investi le palais de Skhirat, ou encore qui prévoyaient d’abattre l’avion du roi à son retour de France. Ce n’est pas nouveau pour le Makhzen qui s’inspire des méthodes maffieuses pour contrôler la société et imposer la peur.
Sa recette est l’élimination des opposants. Le meurtre le plus connu est celui de l’opposant Mehdi Benbarka en France et qui continue, à ce jour,  de garder tout son secret même si des fuites des services français ont cité nommément l’ancien général Oufkir, ancien ministre de la défense marocaine, assassiné lui aussi quelques années plus tard,  comme le principal ordonnateur du crime.
Il y a quelques jours, des sources au Maroc ont fait état de la découverte du cadavre d’un ancien général, garde du corps de Hassen 2, affreusement mutilé et portant des traces de torture. Sa famille avait signalé sa disparition, mais, une semaine plus tard, son cadavre a été retrouvé à la forêt de Taza, à 220 km d’Oujda et à quelque 300 km de Rabat. C’est une pratique courante, et les exemples d’opposants qui avaient fait des séjours à la tristement célèbre prison de Tazmamart avant d’être exécuté.
Les mêmes sources affirment que le général retrouvé mort cette semaine est tombé en disgrâce et mis à la retraite après un différend avec Andre Azoulay qui était le premier conseiller du roi Hassan 2 et plus tard de son fils M6.

Des procès à la pelle contre les intellectuels
Le Makhzen s’attelle également à museler les voix discordantes des journalistes et autres intellectuels en leur « confectionnant » des poursuites judiciaires pour des délits infamants. Les affaires les plus courantes sont le harcèlement sexuel, l’adultère, le blanchiment d‘argent, des charges qui sont très mal perçues par la société marocaine. Cela permet aux concepteurs de ce plan machiavélique de court-circuiter ses victimes et de limiter les tentatives de la société de solidariser avec elles.
Actuellement, ce sont pas moins d’une dizaine de journalistes qui sont victimes de ce plan et qui attendent leurs procès. La justice instrumentalisée et sous la coupe du Makhzen ne fera que prononcer des verdicts déjà décidés par lui-même. C’est une tentative de mettre au pas la société marocaine qui a rejeté la normalisation des relatons avec l’entité sioniste et qui vit al des conditions sociales des plus précaires avec l’aggravation des disparités sociales.

Un système mafieux à la solde du Palais
Une omniprésence qui lui permet de museler l’opposition et de taire toute voix discordante, surtout en ces temps de reprise des combats dans les territoires du Sahara occidental qui commence à peser sur les équilibres financiers du gouvernement de Othmani, qui n’a pas écarté l’éventualité de solliciter le parlement pour voter une loi de finance complémentaire qui permettra de revoir à la hausse le budget alloué à l’effort de guerre. Le Maroc qui est le premier producteur au monde de résine de Cannabis et qui prévoit même de légaliser sa culture, a réussi, ces dernières années, à réaliser la connexion entre les réseaux terroristes et les trafiquants de drogue. Actuellement, l’argent sale, produit de la vente de drogue, sert à monter des coups fourrés contre l’opposition et à financer les trafics d’armes pour des groupes terroristes qui activent depuis des années dans la région du Sahel et l’Afriques sub-saharienne.
Slimane Ben