Jose Manuel Albares

DOSSIER DU SAHARA OCCIDENTAL : Madrid soutient la mise œuvre d’un processus politique pour le règlement du conflit

Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Jose Manuel Albares, a indiqué que la reprise des relations diplomatiques de son pays avec le Maroc, n’est pas à l’ordre du jour de son département et que cela pourrait prendre du temps.  Citant le diplomate espagnol, le journal El Pais a rappelé l’espoir de l’Espagne de voir la mise en œuvre d’une solution politique au problème du Sahara occidental. Il y a lieu de rappeler que Rabat use d’une attitude « d’Etat voyou » dans ses relations avec les pays qui soutiennent une solution juste du problème du Sahara occidental et qui appellent à la mise en œuvre d’un référendum d’autodétermination conformément aux résolutions de l’assemblée générale de l’ONU. C’est ainsi qu’il a jeté un froid sur ses relations avec la Russie et rappelé pour consultation  au mois de mai dernier,  son ambassadrice à Madrid, Karima Benyaich. Mais depuis les relations entre Madrid et Rabat sont gelées et rien n’indique, comme le traduisent les déclarations de José Manuel Albares que Madrid va céder sur sa position de principe à savoir la mise en œuvre d’une solution politique au problème du Sahara occidental. Le Maroc, notamment son Makhzen a usé de pratiques de voyous dans ses relations avec l’Espagne. Au mois de mai dernier, il avait jeté des milliers de migrants à l’assaut de l’enclave espagnole de Ceuta et Mellila. Madrid avait exprimé son mécontentement à la suite de cet incident, commis avec la bénédiction des services de sécurité marocains qui avaient laissé faire. De plus, le Maroc continue d’envoyer vers l’Espagne, des « Go-fast », remplis de drogue produite dans la région de Ketama. Les saisies réalisées ces derniers jours par la Guardia civile espagnole font froid au dos. Il y a quelques jours, 2780 kilos de Haschich marocain ont été saisis en Espagne. Et au début du mois de janvier, ce sont 5 tonnes de ce produit qui ont été saisies avec l’interpellation de trois marocains membres du réseau de narcotrafic.  Au mois de septembre dernier, le journal français le Figaro avait annoncé la saisie de 26 tonnes de drogue en Espagne, introduite depuis le Maroc, et l’arrestation de 5 personnes dont des marocains.
C’est dire que le Maroc qui use de cette stratégie de déstabilisation avec l’Algérie, semble en avoir fait une spécialité puisque l’Espagne subit un flot de sa drogue ces dernières années. Il y a quelques jours, le porte-parole du parti espagnol « Vox », Ivan Espinosa de los Monteros avait fustigé le non-respect par Rabat des règles de bon voisinage avec l’Espagne relevant que le pays qui brandit la menace d’envoi de milliers de migrants clandestins sur le sol espagnol est irresponsable et indigne de respect.  «  Le pays qui nous menace et qui nous envoie des migrants irréguliers de manière coordonnée est un pays qui ne respecte pas le principe du respect mutuel  devant régir les relations bilatérales»,  avait-il indiqué. La position de l’Espagne qui a refusé de reconnaitre la souveraineté du Maroc sur les territoires sahraouis occupés, n’est pas du goût du palais royal qui espérait voir le soutien que lui avait apporté l’ancien président américain Donald Trump provoquer un effet d’entraînement et  lui faire gagner d’autres appuis notamment parmi les puissances occidentales et les membres permanents du Conseil de sécurité. Le départ de Trump et le refus du nouveau président américain Biden, de cautionner une décision prise par son prédécesseur et contraire à la légalité internationale (ouverture d’un consulat à Laâyoune), ont poussé les marocains à précipiter le processus de normalisation de leurs relations avec Israël et à offrir leur pays et leur économie aux capitaux israéliens. La décision de normalisation entérinée par le parlement majoritairement du PJD et mise en œuvre par le premier ministre El-Othmani a poussé de larges couches du peuple marocain à manifester pour dénoncer  cette mesure tout en rappelant que les pays arabes qui avaient, par le passé normalisé leurs relations diplomatiques avec  l’entité sioniste n’ont rien gagné au change.
Slimane B.