Consécration de Yennayer au Conseil de la Nation : La décision du Président est irrévocable

Les membres du Conseil de la Nation se sont penchés hier en débat sur le projet de loi modifiant et complétant le calendrier des journées fériées. Ce texte de loi permet au gouvernement de modifier la loi n° 63-278 du 26 juillet 1963 fixant la liste des fêtes légales nationales. La principale mesure est la consécration d’Amenzu n’ Yennayer, premier jour de l’an amazigh qui correspondait au 12 janvier de chaque année, fête nationale et journée chômée et payée. Cet amendement a été décrété l’année dernière par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, lors d’une réunion du Conseil des ministres, le 27 décembre 2017. La consécration de Yennayer a intervenu dans un contexte marqué par une forte revendication culturelle dans les wilayas amazighophones du pays suivi par des grèves dans plusieurs lycées et universités. La décision de consacrer la langue ancestrale amazighe avait fait grand bruit et suscité salutations et applaudissements de toutes les forces vives de la société et les partis politiques, toute tendance confondue. Dans le texte de loi présenté aux sénateurs, le projet de loi ne prévoit pas, par contre, de modifier ou de supprimer d’autres journées fériées légales. Il ne s’agit pas pour autant de remplacement : chaque année, Amenzu n’Yennayer et le 1er janvier seront fêté pour une durée d’une journée chacun. Dans la présentation de ce projet de loi, Mahdjoub Bedda, ministre des relations avec le parlement, a affirmé, au nom de ministre du Travail, Mourad Zemali, que ce projet de loi intervient «dans le cadre de renforcement de l’identité nationale composée de l’Islam, l’arabité et l’amazighité ». Ce texte vise également « une réconciliation nationale pour renforcer l’unité nationale autour de l’histoire de l’Algérie, son identité et ses valeurs spirituelles et civilisationnelles». Le représentant du gouvernement a souligné que ce projet de loi vient en application des recommandations du président Bouteflika lors du Conseil des ministres du 27 décembre 2017 où il a affirmé que «la nouvelle constitution a scellée définitivement l’appropriation, par le peuple algérien tout entier, de tamazight comme ciment supplémentaire de son unité nationale ». Dans ses explications aux sénateurs, Zemali a fait savoir que « ce projet de loi vient de sorte de renforcer notre fierté d’appartenance et aussi notre contact continuel avec notre civilisation et histoire amazigh dans toutes ses dimensions ; culturelle, linguistique, civilisationnelle et identitaire». «Ce projet de loi sanctionne les efforts du président de la République Abdelaziz Bouteflika pour renforcer l’unité nationale et entériner les amendements constitutionnels portant consécration de tamazight langue nationale et officielle», a affirmé Zemali. Il a ajouté que ce texte de loi «marquera notre attachement avec l’histoire amazigh et rappellera aux générations montantes les gloires et les réalisations de leurs ancêtres». Lors des débats, les sénateurs ont applaudi à l’unanimité les dispositions contenues dans ce projet de loi. Ils ont affirmé que ce texte de loi ne vise qu’un seul objectif : «renforcer l’unité et la stabilité nationales» et contribuer à la croissance du pays en se basant sur des principes historiques et nationales qui ont rassemblé ce peuple et l’ont unifié dans le passé et le présent». Les membres du Conseil de la Nation ont estimé que la consécration de Yennayer est «un acquis de tous les algériens» et qui est aussi «un lien fort entre un passé rempli de gloire et d’héroïsme et un présent moderne et prospère».Le conseil de la Nation poursuivra aujourd’hui ses travaux en séance plénière, consacrée au vote du projet de loi sur la Santé et celui fixant la liste des fêtes légales, a indiqué, hier, un communiqué de la chambre haute du parlement.
Hamid Mecheri