Au bout de près de deux ans de crise provoquée par l’alignement de Paris sur le récit marocain au Sahara occidental, l’Algérie et la France ont commencé, depuis le début de cette année, à se reparler, à rétablir les canaux diplomatiques et de dialogue et à échanger des visites à même de ramener les relations bilatérales à leur niveau normal. Après le ballet de trois membres du gouvernement français observé à Alger, Paris vient d’accueillir la toute première visite d’un ministre ou d’un officiel algérien depuis au moins juillet 2024. Notre ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a été, en effet, reçu, hier, par son homologue français, Laurent Nunez. L’Hôtel de Beauvau a déroulé le tapis rouge à l’ancien wali d’Oran qui a conduit une délégation de haut niveau qui a compté, en son sein, et entre autres, le DGSI, le général-major Mounir Zahi, et le DGSN, Ali Badaoui. La présence des dirigeants de deux institutions sécuritaires lève un peu le voile sur le contenu des échanges entre Alger et Paris. Cette visite constitue l’aboutissement des pourparlers engagés à Alger depuis la mi-février 2026 avec la visite du ministre français de l’Intérieur suivi, au mois de mais d’après, par ses collègues (ministre déléguée) aux Armées et des Anciens combattants et à la Justice. C’est ainsi que la coopération bilatérale dans les domaines de sécurité, de la migration et de la justice a été reprise. Cette relance du dialogue a été également marquée un geste mémoriel qui aura contribué à la baisse des tentions et à l’apaisement des relations entre les deux pays. Il s’agit, comme il est facile de le deviner, de la participation d’une délégation d’officiels français, conduite par Alice Rufo et l’ambassadeur Stéphane Romatet, à la cérémonie de recueillement sur la mémoire des victimes des massacres du 8 mai 1945 qui s’est déroulée à Sétif. En fait, les visites effectuées par les ministres français à Alger étaient porteuses d’un message clair de la part du président Emmanuel Macron qui avait, alors, confié à des proches collateurs son souhait de régler la crise avec l’Algérie avant la fin de son mandat à l’Élysée. Aujourd’hui, il est question, à travers la visite de Saïd Sayoud à Paris, de se mettre au travail, autour d’une table, se regarder les yeux dans les yeux, pour aborder, avec respect, sagesse et responsabilité, les dossiers chauds en suspens entre les deux pays. À Paris, en tout cas, on évoque une visite qui porte l’espoir d’un retour à la coopération normale bilatérale. Mais, cet objectif dépend des capacités de Paris à se débarrasser de son ego et prôner la voie de l’apaisement au lieu de céder à une partie des politiques français qui travaillent contre les intérêts des peuples algérien et français. Est-ce l’initiative de dernière chance ?
Farid Guellil











































