Accueil Edito Le train panafricain

Le train panafricain

0

La position géographique et stratégique de l’Algérie lui confère un rôle de locomotive pour mener à bien le développement multiforme dans un continent vierge où tout, ou presque, reste à construire. Au plan du commerce intra-africain, par exemple, notre pays est suffisamment outillé pour booster les échanges. Le temps et l’énergie qu’il a mis pour mettre en place la ZLECAf (Zone de libre-échange continentale africaine), le cadre de l’intégration régionale en prélude à l’intégration continentale, est illustratif. Des zones franches ont été créées, et d’autres à venir, pour dynamiser les échanges avec les régions sahélo-saharienne et subsaharienne. Le déclic a eu lieu en septembre 2025 à Alger à l’occasion de la 4e édition de l’IATF2025. Le commerce intra-africain y a fait florès avec des accords d’une valeur de 48,3 milliards de dollars, dont l’Algérie s’est taillé la part du lion avec 23 milliards de dollars. Ce projet a fait du chemin, mais beaucoup reste à faire. À quel niveau faut-il agir pour développer davantage les échanges ? La logistique ferroviaire reste un défi majeur qu’il faut relever. Car il constitue un maillon fort dans la chaîne d’approvisionnement pour assurer l’acheminement régulier et continu des flux des marchandises dans le continent. Là encore, l’Algérie a mis le paquet dans l’une des plus grandes infrastructures ferroviaires en Afrique. Il s’agit, en l’occurrence, de la ligne de chemin de fer Alger – Tamanrasset qui relie une dizaine de wilayas sur une distance de plus de 2 000 kilomètres. D’où le qualificatif de « projet du siècle » que lui a attribué, avec mérite, le président de la République, en avril 2026, à l’occasion d’une réunion du Conseil des ministres où les délais de mise en service à fin 2028 ont été adoptés. La nature stratégique et l’importance économique de ce mégaprojet ont tapé dans l’œil des « bailleurs de fonds » africains qui financent les grandes infrastructures susceptibles de contribuer au développement du continent. D’ailleurs, le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a mis sur la table plus de 747 millions d’euros sur la première tranche du tronçon Laghouat–Ghardaïa–El Meniaa. La banque panafricaine n’aurait pas investi son argent dans ce projet si elle n’a pas jugé de son utilité continentale. Autrement dit, l’importance de cette ligne ferroviaire que la BAD qualifie de corridor pour le développement du commerce intra-africain par la voie du chemin de fer. Du coup, l’institution financière africaine mise gros sur le développement de la logistique ferroviaire.
Farid Guellil

Article précédentAïd El-Adha : Large adhésion des commerçants au programme de permanence
Article suivant« Ma main est poignée de valise » d’Alima Abdhat : Une poésie de l’intime à travers l’anthropologie de la valise