Mohamed Aissa

Béatification des moines de Tibhirine : Mohamed Aïssa n’exclut pas une visite du Pape en Algérie

Le ministre des Affaires religieuses et des Waqfs, Mohamed Aïssa, n’a pas exclu, hier, une visite du Pape François en Algérie pour marquer l’évènement de la béatification des moines de Tibhirine, au cours du mois de décembre prochain.

«L’hypothèse de la présence du Pape François en Algérie était possible à une certaine date, mais je crois que le calendrier du Saint Père ne lui permet pas d’être présent au mois de décembre, cependant cela n’exclut en rien la possibilité qu’il soit invité ultérieurement», a déclaré le ministre lors de son intervention sur les ondes de la Radio chaîne III, dans l’émission l’Invité de la rédaction. Pour rappel, le Vatican a déclaré «martyrs » dix-neuf hommes de religion tués en Algérie durant la décennie noire, dont sept moines assassinés à Tibhirine. Dans un communiqué rendu public jeudi dernier, tard dans la soirée, les évêques d’Algérie ont annoncé que la célébration de la béatification des religieux aura lieu le samedi 8 décembre 2018 au sanctuaire de Notre-Dame de Santa Cruz d’Oran. Pour le ministre, cette cérémonie constitue une « reconnaissance religieuse pour rehausser au rang de martyr ces 19 moines qui ont choisi de rester en Algérie confrontée alors au terrorisme ». Il a souligné que l’Algérie « a donné, pour les besoins de la cérémonie, son accord et a exprimé sa disposition à collaborer dans l’octroi des visas, dans l’encadrement, dans la présence aux festivités et en donnant une ampleur politique outre l’ampleur religieuse». En ce sens, l’hôte de la Radio algérienne n’a pas manqué de préciser que «tout ce qu’a fait l’Église catholique en Algérie a été fait en étroite collaboration avec les autorités algériennes».
En outre, le ministre a souligné que l’Algérie a œuvré pour donner «une ampleur politique» à l’évènement. Précisant que cette «reconnaissance de la part de l’Église catholique repose sur une enquête qui a duré cinq années», le ministre a précisé que celle-ci a dévoilé que «ces moines ont préféré servir en Algérie par dévouement et dévotion». «La reconnaissance de ces moines n’exclut en rien la reconnaissance de l’Algérie de leurs efforts.
C’est pourquoi la reconnaissance sera aussi politique», a, de surcroît, assuré Mohamed Aïssa. «Ça rentre dans le contexte de la réconciliation nationale», a-t-il ajouté à cet effet. Bien que la décision ait été prise par le Vatican, le ministre a rappelé que le président de la République a donné son accord pour que la cérémonie se déroule à Oran.
Une chose est sûre, il a affirmé que l’église catholique veut «tourner la page et ne pas la déchirer». Tout en notant que ces hommes de religion auront le statut de «Bien Heureux», le ministre a précisé que ce statut précède d’un cran le statut de «Saint».
Dans un autre sillage, le ministre a fait savoir qu’une cérémonie rendant hommage à 114 imams assassinés par les terroristes durant la décennie noire sera organisée à l‘occasion de la célébration du Mawlid Ennabaoui. «Les imams algériens assassinés méritent eux aussi une reconnaissance», a rassuré le ministre.
Lamia Boufassa