Diabète

Bandelettes de test de glycémie : La pénurie est de retour !

Les restrictions à l’importation imposées sur plusieurs produits essentiels ont suscité l’ire des diabétiques qui se plaignent, non seulement, de la cherté des appareils et bandelettes de lecture de glycémie, mais aussi, de leur indisponibilité.

Intervenant hier, au Forum du quotidien « El Moudjahid », le président de l’Association des diabétiques d’Alger, Fayçal Ouhada a pointé du doigt, les restrictions à l’importation, ayant touché les bandelettes de lecture de glycémie estimant que « les producteurs nationaux ne peuvent satisfaire le marché local, compte tenu du nombre important de malades en Algérie ».
« Le marché algérien de bandelettes de glycémie est estimé à plus de 12 millions de boites par an », a affirmé M.Ouhada en précisant que « 75 % de ce marché est détenu par trois laboratoires internationaux ». « Alors que les laboratoires nationaux se disent incapables de produire ce lot de bandelettes localement, par manque de moyens », Ouhada s’interroge « comment les laboratoires nationaux pourront couvrir le marché national ? ». Dénonçant, en ce sens, une mesure « irréfléchie », l’intervenant appelle les pouvoirs publics à revoir la décision qui met en danger la vie des citoyens.
« L’auto-surveillance du taux de sucre dans le sang est un élément central dans la gestion de cette maladie et cette rareté des bandelettes réactives ne peut que porter préjudice aux patients », a-t-il soutenu, précisant que les médecins spécialistes recommandent de mesurer le taux jusqu’à 10 fois par jour, durant le Ramadhan. À cela s’ajoute, la décision de la Caisse nationale des assurances sociales (Cnas) qui remonte à 2015, de limiter le nombre de bandelettes remboursées à 50 bandelettes par trimestre. Cette décision, selon le président de l’association, pénalise les patients qui se retrouvent contraints d’acheter ces bandelettes de leur propre poche.
« La Cnas avait justifié la décision par les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, or que ces recommandations ne sont pas forcément applicables aux musulmans durant le mois du jeûne, où le patient doit constamment surveiller sa glycémie pour éviter toute complication », a-t-il dénoncé.

Le régime alimentaire au Sud est plus sucré
D’autre part, tout en déplorant le manque de moyens dans les hôpitaux algériens, essentiellement dans les zones enclavées, à l’instar du sud du pays, l’intervenant à précisé que son association a organisé plusieurs journées de dépistage dans ces wilayas. « Ces activités, qui nous ont conduit à Ghardaïa ont révélé que le régime alimentaire dans les wilayas du Sud est bien plus sucré que celui du Nord », alerte-t-il, invitant le DSP de la wilaya de Ghardaïa à intensifier les efforts en vue de sensibiliser les citoyens à améliorer leur mode de vie, tout en œuvrant à améliorer la prise en charge des malades. Par ailleurs, au sujet du jeûne pour les diabétiques, l’hôte du Forum a invité les patients à prendre l’avis du médecin traitant, et ce, afin d’éviter toute complication de la maladie. Déshydratation, hypoglycémie, déséquilibre glycémique, le jeûne du Ramadhan pour un diabétique présente un risque réel.
Dans ce sillage, le docteur Abdelhafid Habitouche, diabétologue, a souligné la nécessité de consulter un spécialiste. Affirmant que 40% des malades atteints du diabète type 1, contre 70% du type 2 pratiquent le jeûne, le diabétologue a mis en garde contre les complications de la maladie dues au jeûne. Il est évident, selon lui, que le Ramadhan soit déconseillé au patient trop âgé ayant des complications et dont on sait qu’un désordre métabolique, ne serait-ce que transitoire, pourrait aggraver son état de santé. Il recommande de discuter avec son médecin traitant ou son diabétologue.
« Un médecin a besoin d’une année pour stabiliser le taux de glycémie, il ne faut pas détruire le travail d’un année en un mois », regrette-t-il.
Lamia Boufassa