Syndicats de l'éducation-Benghebrit

AU LENDEMAIN DU «RECADRAGE» DE BENGHEBRIT : Les syndicats crient leur désarroi

Alors que la ministre de l’Éducation nationale devra rencontrer, au cours de cette semaine, l’ensemble des syndicats de son secteur, afin de tenter de les dissuader de recourir à la grève prévue pour le 21 janvier prochain, ses propos à l’égard des syndicats attisent les tensions. Nouria Benghebrit, qui avait évoqué des divergences parmi les entités syndicales, tout en accusant l’une d’entre elles d’exercer des pressions sur l’État, a affirmé que le dialogue est toujours ouvert. Une déclaration qui a fait réagir les concernés qui dénoncent des propos graves portant atteinte à l’État algérien. Pour eux, ce genre de discours n’est pas sans conséquences sur le dialogue, notamment, la relation avec la tutelle. C’est le cas du Cnapest, dont le porte-parole a qualifié ces déclarations de «dangereuses», «portant atteinte à l’image de l’État». «Cette déclaration en elle-même porte atteinte à l’image de l’État, et non pas l’acte syndical exercé conformément aux lois de la République», nous a affirmé Messaoud Boudiba. Selon lui, «le Cnapest est un syndicat de dialogue et de concertation», tout en reconnaissant que la ministre a visé le Cnapest dans ses propos. En ce qui concerne les divergences entre les syndicats, Boudiba a considéré qu’il est «tout à fait naturel de ne pas avoir les mêmes idées». «Chaque syndicat représente une catégorie bien déterminée et le ministère doit faire avec», a-t-il soutenu. «Si nous divergeons sur des points, la solution est dans le dialogue et la négociation et c’est la loi qui va trancher. Mais nous avons toujours respecté les lois de la République», a encore précisé Boudiba. Plus loin, il a indiqué que le dialogue vise à mettre à jour la liste des revendications, tout en réinstaurant la confiance au sein du secteur. Autrement, «ce ne sont pas des divergences ou un changement de revendications, mais plutôt une mise à jour de la liste des revendications». Pour sa part, Boualem Amoura, secrétaire général du Satef, a regretté, d’emblée, que la ministre n’ait pas cité le nom du syndicat qui exerce des pressions sur l’État, avant de noter que ceci est un aveu de faiblesse. «C’est une déclaration très grave», a-t-il dit, en précisant que «reconnaître qu’un syndicat puisse exercer des pressions sur l’État est un aveu de faiblesse, voire un aveu d’échec». «Cela veut dire que l’État algérien a perdu de son autorité», a-t-il simplement argué. En ce qui concerne les différends entre les syndicats, le SG du Satef a démenti ce constat en précisant que «les syndicats se sont constitués en intersyndicale ce qui prouve qu’il n’y aucun différend entre nous». S’agissant des dossiers des œuvres sociales et celui du statut particulier, qualifiés de points de discorde, selon la ministre, Amoura a tenu à rappeler que c’est «la ministre qui a pris des décisions unilatérales». «Lorsque la commission mixte, installée pour l’examen du statut particulier, a rendu les résultats de son travail au mois de juin dernier, nous n’avons pas trouvé beaucoup de divergences, bien au contraire, nous sommes arrivés à un consensus», a-t-il expliqué, en regrettant la décision de Nouria Benghebrit de «classer ce dossier, alors que les syndicats s’attendaient à passer à la finalisation». Pour le dossier des œuvres sociales, Amoura a affirmé, là encore, qu’il n’y a pas de divergences entre les syndicats. «C’est encore la ministre qui a décidé unilatéralement de prolonger le mandat de la commission des œuvres sociales, alors que tous les syndicats étaient unanimes à s’opposer à la décision». Dans tous les cas de figures, Amoura a regretté la déclaration de Benghebrit. «Au lieu d’appeler au calme, la ministre est en train de mettre de l’huile sur le feu», a-t-il déclaré en soulignant que «c’est la politique de diviser pour régner». À noter, les dit syndicats devront se réunir, après la fin des rencontres avec Benghebrit, pour décider du sort de la grève annoncée pour le 21 janvier.
Lamia Boufassa