Claude Mangin

Au 22e jour de sa grève de la faim : Une délégation algérienne auprès  de Claude Mangin-Asfari 

Une délégation de la société civile algérienne a rendu visite mercredi à la militante française Claude Mangin, en grève de la faim illimitée depuis 22 jours pour protester contre son interdiction pour rendre visite à son mari Naâma Asfari, militant sahraoui détenu au Maroc.

La délégation algérienne, comprenant le président du Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui (CNASPS), Saïd Ayachi, de l’ancien président du CNASPS, Mahrez Lamari, et du président de l’Association nationale des échanges entre jeunes (ANEJ), Ali Sahel, s’est déplacée à la mairie d’Ivry-sur-Seine, là où Claude Mangin a élu domicile durant son mouvement de grève, pour exprimer l’élan de soutien de la société civile au combat de la militante française pour la cause sahraouie. La délégation, qui était accompagnée de deux membres de la communauté algérienne résidant en France, a exprimé son soutien, sa solidarité et sa sympathie, au nom de la société civile algérienne, à Claude Mangin dans sa lutte pour jouir de son droit fondamental, garanti par le droit international humanitaire, afin qu’elle puisse rendre visite à son mari, militant sahraoui pour l’indépendance de son peuple, détenu à Kenitra et condamné injustement à 30 ans de prison.
Les membres de la délégation algérienne ont tenu, après avoir adressé à Claude Mangin divers messages et signé une pétition internationale, à se déplacer pour apporter de «vive voix» de la part de la société civile algérienne «la marque de solidarité et d’appui dans son épreuve qui lui est imposée par le régime marocain».
Ils ont saisi cette occasion pour la féliciter pour le «noble combat» qu’elle poursuit, avec d’autres militants de par le monde, pour «le triomphe des revendications légitimes du peuple sahraoui».
Claude Mangin est entrée en grève de la faim illimitée le 18 avril pour protester contre son empêchement la veille par les autorités marocaine de rendre visite à son époux et son expulsion pour la quatrième fois en deux ans, rappelle-t-on.»Je suis assez étonnée de la résistance de mon corps, mais je reste déterminée», a dit lundi dernier cette militante de la cause sahraouie, au 20e jour de sa grève de la faim dans une conférence de presse.
La présidente de l’Association des amis de la République arabe sahraouie démocratique (AARASD), Régine Villemont, a évoqué, au cours de cette conférence de presse, un courrier du président français Emmanuel Macron dans lequel il instruit son ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, de «prendre contact à ce sujet avec les autorités marocaines».
«C’est un courrier encourageant qui charge sans ambigüité son MAE de prendre contact avec les autorités marocaines», a-t-elle précisé laissant entrevoir une issue «positive» à la grève de la faim de Claude Mangin pour qu’elle puisse se rendre au Maroc.
Le Maroc, soutenu par la France, interdit depuis des mois des visites aux prisonniers sahraouis détenus dans ses prisons, ainsi que celles des militants des droits de l’Homme. On dénombre au total 350 personnes interdites de se rendre au Maroc.
En février dernier, deux avocates, Ingrid Metton et Olfa Ouled, du groupe des 24 militants sahraouis de Gdeim Izik, détenus au Maroc depuis plus de sept ans, ont été interdites d’entrer au Maroc. Les deux avocates du barreau de Paris, qui avaient défendu les militants sahraouis lors des audiences de leur procès en appel, entre janvier et mai 2017, à la Cour d’appel de Rabat-Salé, ont voulu rendre visite à leurs clients suite à des informations faisant état de mauvais traitements qu’ils auraient subis en prison, rappelle-t-on.
Dix-neuf militants sahraouis, rappelle-t-on encore, ont été lourdement condamné le 19 juillet 2017, au terme de ce procès où les seules preuves présentées restent des aveux signés sous la contrainte. Les prisonniers politiques sahraouis ont été dispersés dans 7 prisons à travers le territoire marocain.
M. B.