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À quand la reconnaissance officielle de Yennayer ?

Les Algériens célébreront à partir d’aujourd’hui la date du nouvel an Amazigh qui coïncide avec le 12 janvier relatif au calendrier universel. Plusieurs festivités y afférentes seront organisées sur tout le territoire national.

Une action qui dénote d’un attachement sans faille à l’identité nationale et son histoire millénaire et qui démontre, encore une fois, que Yennayer n’est pas l’apanage de quelques régions, berbérophones à savoir. Aujourd’hui, comme ce fut le cas depuis des années auparavant, la question de l’institution d’une fête nationale et sa consécration comme journée chômée et payée revient, à juste titre, sur toutes les langues. En effet, un large plaidoyer, fortement soutenu par des acteurs de la société civile, militants de la cause identitaire, associations culturelles, des partis et personnalités politiques et le HCA (Haut-commissariat à l’amazighité), appelle les hautes autorités à la reconnaissance constitutionnelle et officielle. À plus forte raison, que la volonté politique ne manque pas chez les pouvoirs publics, de l’avis de Si El Hachemi Assad, secrétaire général du HCA.
Il en veut pour preuves, l’officialisation de la langue amazighe dans la nouvelle Constitution, les avancées enregistrées en matière de la généralisation de Tamazight, son enseignement et son intégration graduelle dans les institutions. Côté gouvernement, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a rappelé vendredi dernier, n’en déplaise aux mauvaises langues qui continuent à tourner le dos à une réalité historico-identitaire indélébile, que l’Algérie s’apprête activement à fêter son nouvel an berbère. Un signal fort sur la symbolique pour peu encore que le message sera suivi d’effets immédiats.
Farid Guellil

SI EL-HACHEMI ASSAD, SG DU HCA, À PROPOS DE LA RECONNAISSANCE OFFICIELLE DE LA DATE DE YENNAYER:
«La volonté politique existe»
Le secrétaire général du Haut-commissariat à l’Amazighité, Si El-Hachemi Assad, a animé ce lundi à Alger une conférence de presse, lors de laquelle il a décliné les axes du programme de la célébration du nouvel an berbère 2967, qui coïncide avec la date du 12 janvier du calendrier grégorien. Au-delà de l’aspect symbolique d’un événement à l’ancrage historique lointain, c’est la question de la consécration de Yennayer comme journée nationale chômée et payée et sa reconnaissance officielle qui refait surface. À ce titre, le SG de cette institution publique a rappelé ses appels incessants aux hautes autorités à même de poursuivre le processus de parachèvement de l’identité nationale. Dans ce contexte, Assad a fait part de son optimisme quant à la consécration de Yennayer comme journée nationale chômée et payée. Cependant, force est de constater que ce n’est pas demain la veille, comme entend le faire croire le responsable du HCA, ayant indiqué néanmoins, que la volonté politique chez les hauts responsables de l’État existe autour de la question. D’où un signal qui enlève le voile sur les intentions du pouvoir et qui vont, d’après le chef du HCA, dans le sens de la reconnaissance officielle de cet événement à forte valeur identitaire. Une date qui symbolise pour le reste, et entre autres, un combat de plusieurs générations de militants et autres acteurs politiques dont ils ont longtemps revendiqué la reconnaissance officielle de l’État algérien des années durant. Rattaché à la présidence de la République, le HCA qui est une institution académique créee en mai 1995, n’a cessé depuis 1999 de demander l’inscription de cette date sur l’agenda national des fêtes officielles. Aujourd’hui, même si la question ne semble pas à l’ordre du jour, il n’en demeure pas que des avancées ont été enregistrées sur d’autres volets, à l’exemple de la promotion institutionnelle de Tamazight et son officialisation dans la Constitution de 2016.
En tout cas, ce sont les éléments de réponse donnés par Assad, au cours de son point de presse tenu à cette occasion. Et, lequel responsable, voit plutôt le verre à moitié plein dans la mesure où il croit dur comme fer que la consécration de Yennayer comme journée chômée et payée aboutira de façon graduelle et répond, selon lui, à une logique procédurale. D’autre part, il en veut pour preuves à la «bonne volonté politique» qu’il dit dénichée chez le pouvoir, l’implication des institutions publiques dans les festivités inhérentes à la célébration du nouvel an berbère cette année et devant commencer aujourd’hui pour toucher les quatre coins du pays.
Une mobilisation rendue possible à la faveur d’une instruction adressée par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, à l’ensemble des départements ministériels, et qui prévoit leur participation active au programme festif qui s’étend sur une semaine.
Mieux encore, la voix officielle du gouvernement s’est faite entendre, vendredi dernier, autour de la question, lorsque Sellal a annoncé que le pays a fait son choix, celui de marquer une halte pour célébrer le nouvel an berbère. Un signal on ne peut plus clair sur une reconnaissance d’un postulat identitaire mais qui attend tout de même une consécration officielle.
F. G