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AGRICULTURE, ÉLEVAGE ET PÊCHE : Des filières vitales en ruines à Ghaza

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Le secteur agricole de la bande de Ghaza a subi des pertes estimées à près de 3,49 milliards de dollars en raison des destructions massives provoquées par la guerre, entraînant un effondrement quasi total de l’appareil de production agricole et affectant plus de 85 % des composantes du secteur.
Dans un communiqué publié lundi, le ministère de l’Agriculture de Ghaza a indiqué que les pertes se répartissent entre 1,90 milliard de dollars de dommages directs et 1,59 milliard de dollars de dommages indirects, soulignant que les infrastructures agricoles ont été dévastées à une échelle sans précédent. Le ministère précise que le secteur de la production végétale a enregistré une chute drastique de ses capacités, compromettant gravement l’approvisionnement alimentaire local. Sur les 182.247 dunums de terres agricoles recensés dans la bande de Ghaza, 158.909 dunums ont été endommagés, soit un taux de destruction de 87,1 %. La guerre a également provoqué l’effondrement quasi total du réseau d’irrigation. Environ 8.700 puits agricoles ont été entièrement mis hors service, tandis que 3.828 bassins de rétention d’eau ont été endommagés et 1.371 kilomètres de conduites destinées au transport de l’eau agricole détruits. Le secteur de l’élevage figure parmi les plus durement touchés, avec un taux de destruction estimé à 90,3 %. Plus de 5.450 exploitations d’élevage de ruminants et près de 2.300 fermes avicoles ont subi d’importants dégâts. Selon le ministère, le conflit a également entraîné la mort de 69.000 têtes de bétail et de 2,79 millions de volailles, ainsi que la destruction de 28.400 ruches. Le secteur de la pêche n’a pas été épargné. Les autorités font état de la destruction ou de l’endommagement de 1.674 embarcations et moyens de pêche, de sept fermes aquacoles, de près de 450 bassins à double usage, ainsi que du seul centre d’alevinage de la bande de Ghaza. Les infrastructures agricoles ont, elles aussi, subi de lourdes pertes. Le ministère recense la destruction de 93 pépinières agricoles, 18 couvoirs, ainsi que 134 chambres froides destinées au stockage des produits agricoles. Les centres gouvernementaux, les laboratoires vétérinaires, les stations expérimentales, les installations de traitement des eaux ainsi que les ports de pêche et leurs infrastructures de services ont également été gravement endommagés. Le ministère estime que cette destruction généralisée a paralysé presque totalement le système de production agricole et provoqué une forte détérioration de la sécurité alimentaire dans la bande de Ghaza. Des milliers de familles ont perdu leur principale source de revenus, accentuant leur dépendance à l’égard de l’aide humanitaire dans un contexte de dégradation continue des conditions de vie. Face à cette situation, les autorités agricoles ont lancé un appel à la communauté internationale, aux agences des Nations unies et aux bailleurs de fonds afin qu’ils interviennent en urgence pour soutenir la relance du secteur agricole, réhabiliter les infrastructures détruites et permettre aux agriculteurs, aux pêcheurs et aux éleveurs de reprendre leurs activités. Le ministère rappelle enfin que ces pertes s’inscrivent dans un bilan économique plus large. Le Bureau gouvernemental de l’information avait précédemment estimé que la guerre menée contre la bande de Ghaza depuis plus de 1.000 jours avait déjà provoqué des pertes directes d’environ 80 milliards de dollars, dont 34 milliards dans le secteur du logement, 6 milliards dans le secteur de la santé, 6 milliards dans les services publics et les municipalités, auxquels s’ajoutent des dommages considérables touchant l’ensemble des secteurs économiques et productifs.
M. Seghilani

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