L’annonce d’un accord entre les États-Unis et l’Iran pour la fin de la guerre n’a pas tardé à produire son effet immédiat. Sur les marchés énergétiques d’abord et puis sur une économie mondiale étranglée après le blocus du détroit d’Ormuz. Cette artère vitale du commerce mondial devra permettre à nouveau la navigation des navires en vertu de la signature, demain à Genève, de l’accord de paix entre Washington et Téhéran. Derrière la conclusion de cet accord ? C’est l’administration du président Donald Trump qui a pris l’initiative. Et pourquoi elle et non pas Téhéran ? Il y a la raison économique, mais elle n’explique pas tout, on le verra. En effet, la facture de la guerre était salée pour les Américains. L’effort militaire a dépassé les 25 milliards de dollars, tandis que l’entité sioniste, leur allié, a dépensé 11,5 milliards de dollars. La déroute militaire américano-sioniste est tout aussi astronomique. Pour autant, Trump refuse de reconnaitre son échec. Il met le recours à la désescalade sur le compte de la dénucléarisation militaire de l’Iran. À supposer maintenant qu’un accord de paix durable pour la stabilité dans la région est conclu réellement sur le terrain. Trump aura-t-il l’audace et le pouvoir d’exiger de Netanyahou de remettre son épée dans le fourreau en Iran, mais aussi au Liban qui est inclus dans le plan de paix ? La question est d’autant plus légitime que l’entité sioniste continue sa violence armée à Ghaza et en Cisjordanie occupée malgré le cessez-le-feu. En revanche, il faut reconnaitre à Téhéran le mérite et la force d’avoir réussi à contraindre Trump à ses exigences en lui faisant signer un accord, mais dont les avantages pour l’Iran sont, au stade où en sont les choses, à nuancer. Ce que l’on sait sur cet accord, c’est que tous les belligérants dans ce conflit au Moyen-Orient et dans le Golfe sont appelés à ranger – à défaut d’enterrer – la hache de guerre. Jusqu’à l’entente conclue lundi dernier, la guerre a duré 108 jours plus exactement. Depuis que le cowboy Trump a tiré sur la gâchette, le 28 février 2026, en déclenchant des hostilités dont l’ayatollah Ali Khamenei, le Guide suprême de la République islamique d’Iran, a été l’une des premières victimes. Mais la riposte de l’armée et de la résistance iraniennes ne s’est pas fait attendre. Les alliés américains dans le Golfe l’ont apprise à leurs dépens. Trump, pourtant réputé être un impétueux businessman qui excelle dans l’art des affaires même en temps de guerre, a laissé des plumes en provoquant une véritable saignée du trésor américain. Près de quatre mois après la guerre, les deux parties sont-elles réellement prêtes à négocier une paix durable, dans une région traversée par des mutations géopolitiques profondes et où prédomine une instabilité chronique ? Cet accord nous cache-t-il des choses passées sous silence ? Le monde peut-il espérer un retour à l’apaisement dans cette région ? Nous aurons probablement une partie des réponses demain à la signature de l’accord de paix. Mais ceci ne mettrait visiblement pas fin à l’imbroglio !
Farid Guellil










































