Il ne manquait plus que ça pour garnir un placard déjà rempli de cadavres entassés pêle-mêle et où dégouline le sang visqueux des victimes ! Le régime marocain est connu pour traîner beaucoup de casseroles. Il a un goût particulier pour de viles et vilaines pratiques comme la corruption, l’espionnage, le harcèlement, le vol, le chantage… en allant jusqu’aux assassinats ciblés. Il traîne toutes sortes de casseroles. En parlant de chantage, le Makhzen l’emploie comme carte de pression pour faire plier ses partenaires qui n’adhèrent pas à ses thèses. Dans ce cas de figure, le dossier migratoire s’avère être une arme « redoutable » entre les mains du Makhzen qu’il exhibe à chaque fois que des pays européens, comme l’Espagne, vont à l’encontre de ses politiques d’occupation au Sahara occidental et contre toutes les pratiques de violation des droits de l’homme et de pillage des ressources dans les territoires occupés. Ainsi, l’Agence nationale de presse vient de mettre au goût du jour l’affaire du « vendredi noir » qui s’est déroulée le 24 juin 2022. Le jour où les forces de sécurité marocaines ont fermé les yeux sur un flux de quelque 1 500 migrants africains en situation irrégulière, franchissant la barrière frontalière entre la ville de Nador et l’enclave espagnole de Melilla. Les forces du Makhzen ont commis un bain de sang en s’en prenant aux malheureux migrants avec une rare violence. Le bilan était effarant : plusieurs dizaines de morts et de blessés entassés comme du bétail à l’intérieur d’un enclos. À l’époque, l’affaire était tellement grave qu’elle a fait le tour des rédactions et des chaînes de télévision dans le monde. Depuis, le Makhzen a multiplié les manœuvres, en en rajoutant parfois une couche à ce dossier sur lequel il a le sang des victimes sur les mains. Il a même tenté d’acheter le silence de capitales européennes en activant, là encore, d’autres leviers de chantage, comme l’espionnage et la corruption. Sauf que, l’affaire vient de rebondir. L’Agence nationale de presse a bien fait de remettre au goût du jour un dossier de crime que le Makhzen tente de faire oublier comme il a tenté, à l’époque des faits, d’effacer les traces du crime en enterrant les victimes dans des endroits gardés dans le plus grand secret. Quatre ans plus tard, l’affaire refait surface à la faveur des témoins oculaires, parmi ceux qui ont réussi à s’échapper dans l’enfer de Melilla. Grand rescapé qui a documenté la scène du crime, l’écrivain soudanais, Al Hafed Tardjouk, qui a sorti un roman intitulé « Le Vendredi de la mort », s’est livré à l’APS, dans un rare récit qui en dit long sur une carte de chantage utilisée par le Makhzen contre ses alliés. Au-delà du chantage, le régime doit un jour ou l’autre payer pour ce crime qui demeure impuni.
Farid Guellil









































