10 000 CAS D’ACTES D’AGRESSION CONTRE LES ENFANTS ET 7 061 CONTRE LES FEMMES : L’Algérie s’enlise dans la violence

La protection de l’enfance, étant une question cruciale qui concerne l’ensemble des citoyens, des institutions et des médias, a été hier, le thème central d’une rencontre organisée à Alger, par la Direction générale de la sureté nationale (DGSN).

L’objectif de cette rencontre est de mettre en avant l’importance de conjuguer les efforts des acteurs concernés, en vue d’assurer une meilleure protection aux enfants contre la violence. Preuve en est quant à la hausse des victimes de ce fléau, les dernières statistiques concernant l’année 2018 qui font état de 10 000 enfants violentés, dont 2 000 jusqu’à 3 000, soit 20% à 30% des cas, ont subi des agressions sexuelles, notamment au sein de leurs familles respectives.
Le professeur Mustapha Khiati, président de la Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche (FOREM), présent à la rencontre de la célébration de la Journée internationale des droits de l’enfant, a affirmé, hier, que près «de 3000 enfants sont victimes, dans leurs milieu familial, de pratiques violentes.» De la maltraitance, à la mendicité, en passant par l’exploitation économique ou les cas de violence ou d’agression sexuelle sur les enfants. Le président de la FOREM, Mustapha Khiati, a affirmé que plus de 10 000 affaires sont liées à la violence contre l’enfant.La DGSN réalise, à travers l’ensemble des wilayas du pays, des salles d’enregistrement audiovisuel, similaires au modèle initié, novembre dernier, à Alger, au profit des enfants victimes d’agressions sexuelles. Créées selon les normes internationales et sous la supervision de cadres des différentes directions centrales de la DGSN, ces salles d’audition facilitent le travail des enquêteurs en charge des dossiers d’enfants victimes d’agressions sexuelles.
De son côté, la commissaire et cheffe du bureau de la protection de l’enfance à la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), Mme. Yasmine Khouas, a précisé que «7061 victimes de violence contre l’enfant sont enregistrées en 2018, dont 3170 cas de violence au sein de leurs familles ». Il est à rappeler que la présidente de l’Organe national de protection et de promotion de l’enfance (ONPPE), Meriem Chorfi a affirmé que les projets des décrets exécutifs de la loi 15-12 du 15 juillet 2015, relative à la protection de l’enfance, «se trouvent actuellement au niveau du secrétariat général du Gouvernement, pour procéder à leur examen avec les secteurs concernés, avant leur promulgation» avait-elle indiqué, à l’occasion de la célébration, mardi dernier, de la Journée internationale des droits de l’enfant. La même responsable a précisé que l’ONPPE avait reçu plus de 600 signalements, par des citoyens dont des enfants eux-mêmes, de cas d’atteinte aux droits de l’enfant, via le numéro vert (11/11), depuis son lancement, avril dernier, outre les 17 signalements via le courrier électronique, lancé décembre 2017 et d’autres parvenus par voie postale. Notons que l’Organe national pour la protection et la promotion des enfants, placé sous la tutelle du Premier ministre, est le premier du genre dans le monde arabe, «preuve concrète», selon des experts outre les membres de l’ONPE, «de l’intérêt qu’accorde l’Algérie pour l’enfance en général et ceux en situation de détresse en particulier.»
Lilia Sahed