Fekhar

UN COLLECTIF DE 10 PARTIS RéAGIt à LA MORT DE KAMEL EDDINE FEKHAR ET à L’INCARCéRATION DE LOUISA HANOUNE : «Justice» pour le premier et «libération» pour la deuxième

Réunis hier au siège national du Parti des travailleurs, un collectif de 10 partis politiques, de l’opposition pour la plus part, a adopté une déclaration commune à travers laquelle il est revenu sur le décès tragique de Kamel Eddine Fekhar et l’affaire de l’incarcération de Louisa Hanoune.

Ansi, dans un communiqué sanctionnant les travaux de cette rencontre signé par le PT, FFS, Jil Jadid, PLJ, UCP, PST, RCD, PNSD, MDS, PLD, ces partis portent «l’entière responsabilité» de la mort du militant politique et des droits de l’homme, enfant de la vallée du M’zab, aux pouvoirs publics qui «l’ont laissé mourir». En effet, docteur Fekhar, décédé mardi matin au bout de plusieurs jours de grève de la faim, a dû, selon son avocat Salah Debouz, mal subir les conditions de son incarcération depuis le 31 mars à Ghardaïa. De plus, il y a quelques jours encore, Me Debouz a alerté maintes fois, via les réseaux sociaux, les autorités publiques quant à la détérioration de l’état de santé du défunt.
Un antécédent sur lequel sont revenus les rédacteurs de la déclaration. «Malgré les alertes incessantes de ses avocats et sa famille sur la détérioration de son état de santé, les pouvoirs publics l’ont laissé mourir. Ils en portent donc l’entière responsabilité de sa mort», dénoncent ces partis politiques qui demandent l’ouverture d’une enquête «indépendante» pour élucider les circonstances de la mort du militant Mozabite.
Autre point traité par ce collectif de partis : l’affaire de l’incarcération de la cheffe du PT, Louisa Hanoune, en détention provisoire depuis près d’un mois dans une prison civile à Blida sur décision du Tribunal militaire. Une incarcération que «rien ne peut justifier», notamment «le maintien en détention de Louisa Hanoune, responsable d’un parti politique, c’est la première fois depuis la fin de la tragédie nationale qu’un premier responsable national d’un parti politique est incarcéré. Le motif principal invoqué de son incarcération est celui de vouloir « changer le régime »», pouvait-on lire sur la même déclaration.
En assumant le combat de la SG du PT portant «changement de régime», ces partis affirment leur alignement sur la position politique de Louisa Hanoune et celle de «l’écrasante majorité du peuple algérien». Autrement, «l’incarcération de Louisa Hanoune est donc un avertissement et une menace pour tous ceux, responsables politiques ou citoyens, qui réclament le changement de régime», a-t-il été dénoncé.
En accusant ce même régime de vouloir «se protéger» et de «fuite en avant», tout en dénonçant le recours à la répression des marches populaires et celles des étudiants, ce collectif cible, de ses propos, le chef d’État-major de l’ANP. «C’est la mise en application des déclarations/menaces de Gaïd Salah à l’encontre des manifestations populaires», a-t-il indiqué
S’adressant aux tenants du pouvoir, ce collectif «exige la libération immédiate et sans condition de Louisa Hanoune», et met en garde contre des développements à venir si la SG du PT soit maintenue en détention. Enfin, les signataires de cette déclaration rejettent «toute solution de force» émanant du pouvoir et «exigent» le respect des libertés démocratiques.
Farid Guellil