Mokhtar Hasballoui

Santé : Vers la restructuration du secteur

Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Mokhtar Hasballoui, a décidé de mettre sous la loupe les différents services de santé relevant des secteurs public et privé. Dans une feuille de route adressée aux directeurs et responsables des établissements sanitaires et hôpitaux universitaires (CHU), le ministre a affiché son intention de restructurer le secteur et de recadrer les employés à travers une série de mesures strictes appelées à être appliquées fermement.

Dans ce document, rapporte le quotidien arabophone El Khabar, le ministre a appelé à la réorganisation des services d’urgences, et instruit les chefs d’établissements sanitaires à établir des listes contenant les noms et les numéros de téléphone des responsables et employés concernés par les permanences relevant des différents corps. Selon les instructions du ministre, ces employés sont appelés à rester joignable et ce dans le cadre de mesures d’inspection et de contrôle, qui devront également toucher le secteur privé devant être soumis lui aussi à des mesures strictes. Cette feuille de route, poursuit la même source, dont des exemplaires seront adressés à tous les directeurs de santé de toutes les wilayas et d’emblée aux directeurs des CHU et des établissements de santé publics à travers le pays, est composée de plusieurs axes. Des axes qui abordent diverses questions sensibles du secteur, telles que les conditions de travail au niveau des structures de santé, la gestion des produits pharmaceutiques, les équipements et les moyens de travail. Le document n’a, notamment, pas épargné le secteur privé qui sera soumis à des mesures visant à empêcher toute tentative de manipulation ou d’atteinte à la qualité des services de santé ou refus de prises en charge des patients pour n’importe quelle raison.
Dans ce contexte, le ministre a ordonné à ses directeurs régionaux de mettre sous la loupe l’activité de cliniques privées, en les incluant dans les différentes instructions et mesures décidées par la tutelle, de manière à ce qu’elles aient les mêmes devoirs et les mêmes droits que les établissements relevant du secteur public. De plus, les médecins travaillant dans des cliniques privées sont tenus par le respect des permanences de nuit tout comme leur confrères du secteur public, et sont également obligés d’appliquer les instructions du ministère et de participer aux ateliers ouverts tenus dans le cadre de la réorganisation du service de santé. Le ministre a, dans le même cadre d’idées, insisté sur les cliniques privées de présenter leur bilan de façon systématique, comme c’est le cas pour le secteur public, mais aussi de l’obligation d’informer quant à la détection de maladies transmissibles et dangereuses, et d’assurer le principe d’équité dans le traitement des patients quelque soit leur statut social. Hasballaoui a, d’autre part, appelé dans sa feuille de route à l’amélioration des conditions de travail dans les établissements et à renforcer les procédures de sécurité pour protéger les praticiens du secteur des différents corps, et ce en même temps que la préparation de rapports sur la situation sécuritaire dont des exemplaires devront être envoyés aux walis et au ministre. Le document insiste, également, sur la nécessité de fournir les hôpitaux et les centres de soins de tout le matériel nécessaire ainsi que les produits pharmaceutiques, tout en veillant à leur disponibilité et à leur bonne utilisation.
Ania Nait Chalal