Ouagadougou a annoncé, vendredi soir, la décision de rompre ses relations diplomatiques avec la République française, reprochant au régime en place son « activisme incessant contre les intérêts du Burkina Faso ».
S’exprimant sur le plateau de la Télévision nationale en sa qualité de porte-parole du gouvernement burkinabè, le ministre Gilbert Ouédraogo a été chargé d’annoncer cette décision. Derrière cette décision, les autorités burkinabè estiment que « les conditions indispensables à la promotion de relations fondées sur le respect mutuel, la confiance réciproque, le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures et de la souveraineté nationale ne sont pas réunies ». Ouagadougou reproche « l’activisme incessant du régime en place en France contre les intérêts du Burkina Faso, des ambitions néocoloniales affichées avec le soutien actif à des réseaux subversifs et aux terroristes qui endeuillent […] le Sahel ».
Dans le communiqué qui dénonce les « visées impérialistes » de la France, le gouvernement burkinabè souligne que « ces décisions ne remettent nullement en cause les liens historiques, humains, culturels et sociaux qui unissent les peuples burkinabè et français » et précise qu’ « elle vise exclusivement le cadre institutionnel des relations entre les deux Etats au plan diplomatique ».
Un message aux ressortissants français
Le gouvernement burkinabè a assuré « de sa volonté d’assurer la sécurité des ressortissants [français] auxquels il réaffirme son hospitalité ainsi que la préservation de leurs intérêts ». Pour ce faire, il « invite l’ensemble des citoyens [burkinabè] à faire preuve de responsabilité, de retenue et de civisme vis-à-vis des ressortissants français et de l’ensemble des expatriés vivant sur le sol burkinabè, dans le plus strict respect des lois de la République ». Le gouvernement a réaffirmé également « sa détermination à poursuivre une politique étrangère indépendante », en faveur du « renforcement de la coopération Sud-Sud ». Le Gouvernement du Burkina Faso, conclut le même communiqué, « demeure ouvert au dialogue avec l’ensemble des États de la communauté internationale sur la base du respect mutuel, de la réciprocité, de l’égalité souveraine et de la défense des intérêts légitimes de chacun. Il demeure engagé à bâtir avec toutes les Nations éprises de paix et de justice, un monde libre, plus juste et plus solidaire. »
R.I.












































