Huit mois après un braquage audacieux à la bibliothèque Mário de Andrade de São Paulo, les autorités brésiliennes ont remis la main sur plusieurs œuvres précieuses d’Henri Matisse. Retrouvées en banlieue pauliste à la mi-août 2026, ces pièces inestimables marquent une avancée décisive dans une enquête complexe, bien que le sort d’autres tableaux volés simultanément demeure incertain.
L’affaire avait créé une onde de choc dans le milieu culturel brésilien et international à la fin de l’année 2025. En plein mois de décembre, au dernier jour de l’exposition « Du livre au musée », deux individus armés s’étaient introduits dans la prestigieuse bibliothèque Mário de Andrade, située au cœur de la mégapole de São Paulo. Après avoir maîtrisé un agent de sécurité ainsi que deux visiteurs âgés, les malfaiteurs avaient fait main basse sur un butin exceptionnel comprenant treize œuvres d’art, avant de prendre la fuite par la porte principale avec leur précieux chargement dissimulé dans un sac en toile.
L’épilogue d’une grande partie de ce vol retentissant s’est écrit en ce mois d’août 2026. La police civile brésilienne a en effet annoncé avoir localisé huit œuvres signées de la main du maître français Henri Matisse. Ces pièces, principalement des gravures issues de la célèbre série « Jazz » publiée en 1947, ont été découvertes lors d’une perquisition menée dans un appartement de São Bernardo do Campo, une commune de la vaste agglomération de São Paulo. La valeur totale de ces œuvres retrouvées est estimée par les enquêteurs à plus d’un million de reais, soit environ deux cent mille dollars ou cent soixante-cinq mille euros.
Cette saisie est le fruit de longs mois d’investigations minutieuses et d’un patient travail de recoupement. Lors de l’opération dans le logement de São Bernardo do Campo, les forces de l’ordre ont procédé à l’arrestation d’un homme. Selon les déclarations de la police, ce suspect n’était pas le cerveau de l’opération mais faisait office de gardien ; il conservait les œuvres pour le compte du véritable commanditaire du cambriolage. Ce dernier avait d’ailleurs déjà été placé derrière les barreaux en avril dernier, appréhendé dans le cadre d’une autre affaire de vol d’œuvres d’art qui a permis aux enquêteurs de remonter la piste jusqu’aux estampes de Matisse.
Si la réapparition de ces gravures suscite un immense soulagement au sein de la communauté artistique et parmi les responsables du patrimoine brésilien, l’enquête est loin d’être close. En effet, lors du braquage de décembre 2025, les voleurs ne s’étaient pas contentés de cibler le peintre français. Cinq autres œuvres majeures, réalisées par l’illustre artiste brésilien Candido Portinari, manquent toujours à l’appel. Les enquêteurs redoutent que ces pièces, dont la valeur patrimoniale est immense pour le pays, n’aient d’ores et déjà été écoulées sur le marché noir de l’art clandestin. La police maintient donc ses efforts pour tenter de localiser ces trésors nationaux et démanteler entièrement le réseau impliqué dans ce vol historique.









































