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RAHABI DISSÈQUE LE RAPPORT DE STORA ET RAPPELLE LA DEMANDE DES ALGÉRIENS : Reconnaître les crimes coloniaux

L’ancien diplomate algérien, Abdelaziz Rahabi, a réagi hier sur sa page facebook sur le rapport intitulé « la colonisation et la guerre d’Algérie », élaboré par l’historien français, Benjamin Stora, à la demande du président Emmanuel Macron, qui l’a réceptionné mercredi passé.

L’ancien ministre de la Communication a estimé que le rapport présenté par celui qu’on qualifie de meilleur spécialiste de la guerre d’Algérie ne répond pas à la principale revendication de l’Algérie; à savoir : la reconnaissance des crimes de la France coloniale.
« Le rapport Stora ne prend pas en compte la principale demande historique des Algériens, la reconnaissance par la France, des crimes commis par la colonisation », peut-on lire dans le post de Rahabi.
« Il ne s’agit ni de repentance, notion étrangère aux relations entre États ni de fonder une mémoire commune », a-t-il ajouté, estimant que les deux pays ont hérité de deux mémoires antagoniques sur la même question. Pour le reste, enchaîne-t-il encore, « chacun doit assumer son passé et il appartient aux deux États de mettre en place les conditions d’une relation apaisée et tournée vers l’avenir ». Six mois après avoir été chargé par le chef de l’État français de « dresser un état, les lieux juste et précis » sur le dossier mémoriel, Benjamin Stora a remis ses conclusions et recommandations le 20 janvier dernier.
Dans ses recommandations, l’historien français propose entre autres la création d’une commission Mémoire et Vérité pour apaiser les tensions entre l’Algérie et la France, chargée de proposer des « initiatives communes entre la France et l’Algérie sur les questions de mémoire », de restituer à l’Algérie l’épée d’Abdelkader, héros de la résistance à la colonisation française au XIXe siècle, de reconnaître l’assassinat par l’armée française de l’avocat et dirigeant nationaliste algérien Ali Boumendjel en 1957 ou encore de faire entrer l’avocate anticolonialiste Gisèle Halimi, le 28 juillet 2020, au Panthéon qui accueille les héros de l’Histoire de France.

L’Algérie « veut une histoire nationale homogène »
L’historien souhaite en outre dans son rapport de 46 pages, de faciliter les voyages en Algérie des harkis, ces supplétifs algériens qui ont combattu pour la France, œuvrer à la préservation des cimetières européens et juifs dans le pays et faciliter le travail des historiens sur la question douloureuse des disparus algériens et européens. Le document n’évoque dans aucun de ses chapitres la repentance de la France ou d’éventuelles excuses présentées à l’Algérie.
En marge d’une cérémonie en hommage à l’avocate et militante Gisèle Halimi, le directeur général des Archives nationales et Conseiller du président de la République, chargé des Archives nationales et de la mémoire nationale, également le vis-à-vis de Benjamin Stora dans ce travail, Abdelmadjid Chikh avait indiqué, rappelle-ton, que l’Algérie « veut une histoire nationale homogène et chronologique, alors qu’ils (Français : Ndlr) veulent une histoire fragmentée », assenant par la même occasion que « les Français veulent peut-être dissimuler des questions, alors que le peuple algérien était victime d’une période coloniale féroce ».
Brahim Oubellil