Abdelmadjid Tebboune - Abdelaziz Djerad

PLAN DE RELANCE SOCIOÉCONOMIQUE : Rencontre nationale les 16 et 17 août prochain

Dans un contexte marqué par crise résultant à la fois d’une pandémie sanitaire grave due à la Covid-19 et une mise à l’arrêt de l’activité économique et ses retombées sur le plan social, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a instruit le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, à l’effet de préparer une rencontre sur le plan national de relance socioéconomique, les 16 et 17 août prochains, a annoncé ce mardi un communiqué des services du Premier ministre.

Cette rencontre regroupera « les membres du gouvernement chargés du développement et de la relance économique, les opérateurs économiques, les banques et institutions financières ainsi que les partenaires sociaux, à travers les organisations syndicales de travailleurs et patronales ». L’accent sera mis sur « la consolidation du plan national de relance socioéconomique, l’édification d’une nouvelle économie nationale sous-tendue par la diversification des sources de croissance, l’économie du savoir, la transition énergétique et la gestion rationnelle des richesses nationales ». Dimanche dernier, lors d’une réunion périodique du Conseil des ministres, le président Tebboune a dévoilé des mesures de grande importance pour la relance économique du pays. Certaines de ces décisions doivent être appliquées à court et moyen termes, et d’autres avec effet immédiat. Abordant la feuille de route du secteur de l’énergie, le chef de l’État a donné des instructions précises en faveur de la relance des activités de prospection des réserves non exploitées à travers des études précises et documentées. Il a rappelé que de nombreux gisements existent à cet effet, aussi bien sur le territoire national qu’au large des côtes, en off-shore, où les potentialités sont réelles, comme l’indique le travail de prospection déjà réalisé. Un autre axe de travail devrait être organisé dans le secteur autour de la récupération des réserves existantes pour parvenir à relever, à brève échéance, le taux de récupération au-delà de 40 %, a insisté le président de la République qui a ordonné qu’au premier trimestre 2021, devrait être arrêtée toute importation de carburant et de produits de raffinage. S’agissant de la feuille de route pour la relance et le développement du secteur de l’industrie, le chef de l’État a ainsi instruit le ministre de l’Industrie à l’effet de libérer les cahiers des charges avant le 22 juillet prochain pour le secteur de la construction automobile, la production d’électroménagers, la production de pièces détachées, l’importation de véhicules neufs et l’importation d’usines usagées. S’agissant du cahier des charges qui concerne l’importation de véhicules neufs, celui-ci doit intervenir obligatoirement avec la mise en place d’un réseau de service après-vente au niveau de tout le territoire national et qui soit géré par des professionnels du secteur. D’autres mesures ont été prises dans ce secteur : libérer les entreprises du secteur de l’électroménager qui présentent un taux d’intégration de 70 %, donner la priorité aux secteurs de la transformation, donner la même priorité aux start-up et passer jusqu’au système déclaratif pour leur création. Le registre du commerce ne sera exigé que lorsque la création aura été réalisée, mettre en place, dans les plus brefs délais, un vrai guichet unique qui aura toute l’autorité pour engager et guider l’investissement au lieu et place des anciennes structures.

Le dossier de l’industrie minière sur la table
Le président de la République a, ensuite, réitéré ses instructions concernant l’exploitation optimale et transparente de toutes les potentialités minières dont dispose le pays et des richesses naturelles nationales, en insistant particulièrement sur la mise en exploitation, dans les plus brefs délais, de la mine de fer de Gara-Djebilet, dans la wilaya de Tindouf, du gisement de Zinc et plomb d’Oued-Amizour (wilaya de Béjaïa) et la relance du projet de fabrication de produits phosphatés à El-Aouinet ( Tébessa). Le président de la République a demandé d’établir immédiatement la carte géologique de tous les gisements exploitables en terres rares, en tungstène, en phosphates, en barite et autres matériaux. Tebboune a encouragé la proposition du ministre visant à entamer la confection des textes autorisant l’exploitation des gisements aurifères de Djanet et de Tamanrasset par des coopératives de jeunes, pour la partie non exploitable industriellement, et lancer un partenariat pour les grands gisements. Concernant l’industrie pharmaceutique, le chef de l’État a donné instruction pour que soit placées, avec effet immédiat, toutes les unités de production pharmaceutique et parapharmaceutique sous la tutelle du ministère de l’industrie pharmaceutique. Il a été aussi question d’accélérer la mise en production des nouvelles unités dont le nombre est de 40. Concernant le secteur des Finances, le président de la République a donné des instructions à l’effet d’accélérer l’ensemble du processus de réforme du secteur, notamment en ce qui concerne la réforme du système bancaire qui devient plus urgente que jamais. Le chef de l’État a instruit aussi d’accorder une attention toute particulière à la numérisation et à la modernisation des secteurs des impôts, du cadastre et des douanes, et de poursuivre le processus de mise en place de la finance islamique pour dynamiser la collecte de l’épargne et créer de nouvelles sources de crédits. Le chef de l’État a ordonné aussi de récupérer l’argent disponible dans le marché informel et réintégrer ce dernier dans le circuit officiel et, aussi, de récupérer également dans les réserves d’or du pays, les fonds gelés depuis des décennies au niveau des douanes et des saisies au niveau des ports et des aéroports, pour les intégrer aux réserves nationales. Le chef de l’État a aussi évoqué le secteur de l’Agriculture, dont la feuille de route devrait être examinée lors du prochain Conseil des ministres. L’accent sera mis sur l’augmentation de la production céréalière, la substitution de la production nationale aux produits importés, comme le sucre et le maïs, la délimitation du zoning de la production des rustiques notamment dans les Hauts-Plateaux pour tout ce qui est des fruits secs et de l’huile d’argan.
Hamid Mecheri